Kirghizstan : à pied, à cheval et à vélo entre pâturages, lacs et vallées !

Plus d’un mois déjà que nous sommes en Kirghizie, et on n’a pas eu le temps de s’ennuyer ! Après le rush du Tadjikistan, nous tenions à prendre notre temps (nous pouvons rester jusqu’à 60 jours dans le pays) et laisser un peu nos vélos de côté afin de profiter des nombreuses possibilités de treks et de randonnées équestres qu’offrent les montagnes. Ce fût chose faite dans la vallée d’Alaï à peine arrivés du Tadjikistan, et nous remettons ça prochainement dans la chaîne des Tian Shan ou « Monts Célestes », à quelques encablures de la Chine et du Kazakhstan. Cela ne nous aura pas empêchés de pédaler plus de 1400km de vallées en pâturages en passant par de magnifiques lacs d’altitude, qui nous auront permis de goûter à la vie nomade.

Vallée d’Alaï : de yourtes en pâturages au pied du Pic Lénine

Alors que nous entamons la descente du col frontière de Kyzyl-Art (où nous vous avions quittés à la fin du dernier article), nous croisons un cyclo anglais avec qui nous discutons un moment : parti depuis huit mois, il a déjà plus de 19000km au compteur et contrairement à nous, il ne « triche » pas : interdit de mettre le vélo dans le bus ou le train, même s’il faut pédaler 2000km dans le désert du Taklamakan avec le vent de face ! Il nous informe qu’il y a des « vaches laineuses » plus bas ( ?), et nous lui disons qu’ici comme du côté tadjik, il y a tout plein de marmottes. « – Des quoi ? ah les petits animaux oranges qui crient » ! Ben oui, le type a traversé le Kirghizstan à vélo à la vitesse de la lumière et du coup il ne sait même pas reconnaître un yack ni une marmotte !

En ce qui nous concerne notre arrivée à la douane kirghize 18 km plus loin aura failli ne pas passer inaperçue : alors que la douane est en vue, nous voilà poursuivis par un troupeau de yacks énervés par les deux chiens de bergers qui nous accompagnent depuis la douane tadjike, bien malgré nous. On ne faisait pas les fiers, et même si on aurait bien aimé filmé la scène plutôt insolite, on a préféré déguerpir au plus vite ! Finalement les chiens ont eu une bonne frayeur et s’en sont retournés chez eux, et notre entrée dans le pays sera officialisée sans encombre.

Après avoir dévalé 1000m de dénivelé nous voilà dans la vallée d’Alaï, large vallée glaciaire bordée au Sud par les sommets à plus de 7000m du Pamir Alaï. Alors que le versant tadjik de la chaîne est très aride, le versant kirghize est nettement plus arrosé et une fois le col franchit, d’un coup la verdure réapparait, pour le plus grand bonheur des nombreuses marmottes qui vivent en altitude et des nombreux troupeaux qui paissent plus bas : yacks, vaches, chevaux et moutons. Lorsque les premières yourtes apparaissent le tableau est complet : voilà la Kirghizie telle qu’on l’imaginait, avec son herbe verte battue par les vents, ses animaux en semi-liberté, et ses bergers qui perpétuent leur tradition nomade. Du fait du climat plus humide, les sommets sont couverts de glace et la vue sur cette barrière dominée par le Pic Lénine et ses 7134m est spectaculaire depuis la vallée : nous sommes conquis.

Nous décidons donc de rester dans la vallée quelques jours et organisons par l’intermédiaire du CBT de Sary Moghul cinq jours de rando à pied et à cheval. Le CBT (Community Based Tourism) est un programme de tourisme communautaire développé à travers tout le pays et qui permet de mettre en relation les touristes indépendants avec des guides, chauffeurs, maisons d’hôtes, porteurs etc… avec pour objectif de soutenir directement les populations locales. En effet, après la chute de l’URSS, l’économie kirghize semblait vouée au désastre ; le développement de l’écotourisme fut une solution pour soutenir les communautés isolées et ce modèle de tourisme équitable s’impose peu à peu dans tous les pays d’Asie centrale. Nous trouvons ainsi facilement un chauffeur pour nous conduire le lendemain au lac Tulpar-Köl d’où nous faisons une première superbe rando jusqu’au pied du Pic Lénine. Au-delà des pâturages les marmottes abondent, tout comme les fleurs : myosotis, iris, edelweiss, coquelicots etc… Il y en a tellement que nous sommes obligés de les piétiner ! De l’autre côté de la vallée se dresse le grand camp de base des alpinistes : le Pic Lénine est en effet un « 7000 » réputé facile techniquement. De retour au lac où nous avons installé notre tente près d’une yourte, nous rencontrons un berger qui garde son troupeau de moutons avec son âne et nous invite à faire un brin de causette : père de dix enfants, ce papi qui se passionne pour les livres d’Histoire et lit la poésie iranienne est aussi un clown qui ne peux résister à l’envie de faire des grimaces quand Angélique sort l’appareil photo. Le lendemain, nous contournons le lac pour remonter la vallée du Pic Estonia : nous cheminons cette fois entre les yourtes et les troupeaux de yacks, vaches et chevaux ! Les Kirghiz que l’on croise veulent nous offrir du koumis, ce lait de jument qui une fois fermenté devient légèrement alcoolisé et pétillant, mais nous réussissons à feinter pour nous échapper. Vincent avait déjà gouté à cette boisson qui fait la fierté des Kirghiz lors de sa première visite il y a trois ans et il n’était pas pressé d’en reboire ! Autre invitation à laquelle nous tâcherons d’échapper : celle à boire de la vodka, mais heureusement depuis notre arrivée en Asie Centrale, nous n’y avons pas encore eu droit !

Vue spectaculaire sur les glaciers et la vallée.

Pour les trois jours suivants, nous partons à cheval sur le versant nord de la vallée d’Alaï, par un itinéraire peu touristique conduisant aux lacs Besh-Köl (cinq lacs) à plus de 4000m d’altitude. Nous visiterons au passage une des mines de charbon de la vallée et bivouaquerons deux nuits près d’une yourte où nous prendrons nos repas. Malgré les paysages superbes, les repas partagés avec la famille dans la yourte et la gentillesse de nos hôtes, nous rentrerons cependant très déçus de cette deuxième excursion car trop de décalage entre le prix payé et la prestation donnée : Umar, le coordinateur CBT, nous a facturé trois chevaux et un guide parlant Anglais, alors qu’en réalité nous auront droit à deux chevaux et un âne et à son frère qui n’est ni guide ni anglophone.  Résultat, aucune explication donnée et surtout nous avons été mis à l’écart des discussions dans la yourte ; nous avions l’impression de gêner et nous étions très mal à l’aise. De plus les prix des repas étaient bien chers par rapport à la qualité de la nourriture : du pain sec, pas de légumes, des fruits pourris… Umar a pris en compte nos remarques et nous a remboursé une partie.

Nous décidons néanmoins de rester une journée de plus chez Umar car le lendemain c’est jour de marché : alors que d’ordinaire les rues du village sont quasi-désertes, aujourd’hui c’est l’effervescence ! Les hommes âgés en tenue traditionnelle – haut chapeau en feutre banc et bottes, font la causette aux coins de rues pendant que les plus jeunes jouent au volley-ball sur la place du village, et que les femmes font leurs emplettes. On trouve de tout au marché : fruits et légumes, vêtements et chaussures, CD et DVD pirates, et même des vaches et des moutons ! Les pauvres bêtes qui sont vendues sont chargées sans pitié à l’arrière des camions. Une seule chose reste cependant difficile à trouver : du pain ! Dans les villages chacun semble se faire son propre pain, du coup il est très difficile d’en acheter, alors quand au détour d’une rue nous repérons la pancarte HAH (=nan = pain) nous nous croyons sortis d’affaire. Mais Vincent ressort avec du pain moisi !!! On le ramène donc et il nous faudra attendre le prochain village pour trouver du pain correct (c’est-à-dire de quelques jours déjà, mais pas encore au stade moisi !). Devant la boutique on rencontre Samara, quinze ans, cheveux colorés et jean moulant, une fille branchée de la ville qui danse la « tektonik » parce que c’est « cool », et on n’aura pas besoin d’insister beaucoup pour qu’elle nous fasse une démonstration ! Elle nous avouera ensuite qu’elle nous trouve très « peace ».

Osh et la vallée du Fergana

Après une semaine de pause –rando, nous renfourchons enfin nos vélos en direction d’Osh, deuxième plus grande ville du pays. Le premier soir, alors nous atteignons le sommet du col Taldyk à 3600m d’altitude, nous demandons à deux gamins perchés sur un âne où nous pouvons trouver de l’eau. Ils nous conduisent alors à la source située derrière leur yourte, puis Vincent est encore réquisitionné pour une séance d’essayage des vélos ! Finalement la famille nous offre le thé et nous invite à bivouaquer près de chez elle, ce qu’on accepte avec plaisir. Vincent passera le reste de l’après-midi à jouer au freesby avec les enfants, et les aidera même à rentrer les moutons le soir venu. Le lendemain, plus de 2000m de descente nous attendent jusqu’à Gulcho : changement d’ambiance, puisque nous quittons les verts pâturages pour une succession de villages fleuris en fond de vallée. Le climat devient bien plus chaud et aride aussi. Ce soir nous logerons chez l’habitant chez Clara : une femme adorable qui a un vrai sens de l’accueil et qui sait régaler ses hôtes. On y a même goûté au vin kirghiz ! On y est donc resté deux nuits, le temps pour Angélique d’écrire les articles pour le blog, et pour Vincent de faire une toilette des vélos (et de se raser aussi, il était temps après un mois !).

Enfin, après un dernier col où les nombreuses yourtes nous font penser à un village de schtroumfs, nous descendons dans la fournaise de la vallée du Fergana. A Osh, nous retrouvons sans aucun plaisir l’agitation et le bruit des grandes villes : les bouchons dans le centre-ville, les coups de klaxons à tout va, la chaleur et les moustiques nous poussent à y rester le moins de temps possible. Alors on se ravitaille et on profite de l’accès internet, et on repart ! On y aura quand même rencontré un couple de Français sympas qui voyagent en mini-van à travers les pays de la CEI, et qui nous mettent en garde sur la conduite désastreuse des Kirghiz sur l’axe principal Osh –Bichkek que nous emprunterons les jours suivants.

La vallée du Fergana est en fait peuplée essentiellement par des Ouzbeks, bien que son extrémité orientale ait été léguée au Kirghizstan (tout comme la partie sud-ouest appartient désormais au Tadjikistan) car Staline décida volontairement de morceler la vallée dans le but de diviser les peuples et ainsi de mieux les contrôler. Pour remonter vers le Nord du pays en direction de Bichkek, nous sommes donc contraints de contourner l’Ouzbékistan, à défaut de pouvoir traverser la vallée en ligne droite, soit un détour de 70km. En quittant Osh nous appréhendions la chaleur (nous sommes désormais en dessous de 1000m), mais heureusement, celle-ci n’a rien à voir avec ce que nous avons connu en Ouzbékistan en juin, même si la température atteint facilement les 30°C. En dehors des villages, l’herbe est grillée par le soleil, mais grâce à l’eau canalisée depuis les vallées en amont les cultures abondent : pastèques, melons, tomates, oignons et même du coton. Les stands de vente au bord de la route ne manquent pas et alors qu’on s’arrête pour acheter un melon, on nous l’offre ! Même chose quelques jours plus tard avec une pastèque ! Un soir alors que nous cherchons un endroit pour bivouaquer, nous tombons sur Ait-Kul, un paysan au cœur d’or qui nous indique un endroit au calme entre ses champs et nous offre au passage tomates, poivrons, concombres et oignons fraichement ramassés, un amour !

En transit

Nous atteignons finalement les gorges de la rivière Naryn juste après Tashkomur. Avec son eau bleu-vert, ses cinq barrages successifs et sa route à flanc de falaise, la rivière Naryn a des airs de Verdon. Après l’immense barrage Kara-Kol (210m de haut et 150m de large), il nous faudra contourner sur plus de 100km le tout aussi immense lac Toktogul, très poissonneux. Les cafés et restaurants en bord de route proposent d’ailleurs tous la fameuse truite du lac. Après les gorges, le paysage devient plus ouvert, et les champs de maïs et d’arbres fruitiers abondent autour des villages. On croise quelques cyclos, des Français surtout, mais aussi Cristel et Robin, un couple de Hollandais qui parce qu’ils ont perdu leur boulot à cause de la « crise » ont décidé de prendre la route, et on retombe même sur Peter, un Anglais qu’on avait rencontré en Turquie à Dogubayazit il y a plus de quatre mois !

Finalement Eugénie et Yannick rencontrés à Osh avaient raison de nous prévenir : les Kirghiz conduisent très dangereusement, et on n’avait pas vu ça depuis le Pérou ou la Patagonie argentine. Ils conduisent vite et se croient sans doute sur un circuit de Formule 1 sur cette route toute neuve ; ils doublent sans visibilité et ça passe parfois à trois sur une deux-voies ; ou bien des fois ça ne passe pas et alors que nous faisons notre pause pique-nique à l’ombre d’arbres en bordure de route, nous entendons un grand boum : deux voitures viennent de se rentrer dedans, mais heureusement sans faire de blessés. Les Kirghiz nous doublent souvent à raz et nous devons parfois rouler sur le bas-côté pour éviter un choc frontal avec la voiture d’en face qui a décidé de doubler en nous ignorant, comme si nous n’existions pas…

Après le lac Toktogul, nous reprenons de l’altitude et remontons pendant deux jours la vallée de Chychkan jusqu’au col d’Ala Bel à 3200m: la basse vallée couverte de fleurs est le paradis des abeilles et des apiculteurs, et le miel est vendu en bouteilles ou en bidons en bordure de route. Ça tombe bien on n’a plus de confiture, alors on en achète 500g. Plus haut les locaux ramassent des sauts entiers de framboises sauvages qu’ils vendent ensuite aux automobilistes. Là non plus, on n’a pas pu résister, et on s’est gavés de plus d’un kilo de framboises à deux en quelques minutes (et oui, parce que les framboises ça ne se transporte pas bien, surtout à vélo !). Plus haut enfin, on atteint les alpages et les yourtes en bordure de route vendent toutes du koumis, du lait, du yaourt ou bien des kurut, des boules de fromage tellement  sec et salé qu’il pourrait se garder indéfiniment. Vincent en manque de fromage testera le soir dans les pâtes : c’est tellement fort qu’il faut en mettre très peu sinon ça devient écœurant.

Song-Köl : un petit air de paradis

Une fois de l’autre côté du col, nous bifurquons vers la vallée de Suusamyr avec pour objectif d’atteindre dans quelques jours le lac Song-Köl, perché à plus de 3000m d’altitude, où de nombreux éleveurs montent passer l’été avec leurs troupeaux. Le goudron cède place à la piste et bien que nous continuions à descendre, nous progressons lentement à cause de la tôle ondulée. Nous traversons de nombreux petits villages et le trafic devient plus calme. A Kyzyl-Oi nous faisons une halte d’une journée chez l’habitant pour nous reposer.  Puis nous enchaînons jusqu’à Kyzart, point de départ de la piste pour le Song-Köl. En route nous rencontrons régulièrement des hommes ivres dès 9h le matin et qui parfois s’agrippent aux vélos en nous barrant le passage et en baragouinant un charabia incompréhensible: la vodka semble faire des ravages dans les campagnes. Les hommes occupés aux champs à faucher l’herbe pour l’hiver ne sont pas plus frais et Vincent en fera l’expérience un soir : il n’aura pu cette fois éviter ni les verres de vodka ni le koumis. Angélique restée en bord de route pour tenir les vélos y échappera, ouf !

A Kyzart, nous nous rendons chez le coordinateur du CBT afin qu’il nous explique le chemin jusqu’au Song-Köl, puisque nous n’avons pas de plan détaillé et que nous avons choisi la piste d’accès au lac la moins fréquentée (car d’après Vincent qui est passé par là il y a trois ans, c’est celle qui offre le plus beau panorama). Vue la réaction du gars quand on lui affirme que nous comptons y aller à vélo, on devine qu’on va en baver. En effet, il faut franchir un col à 3240m et grimper plus de 1000m sur moins de dix kilomètres, les cinq derniers kilomètres étant particulièrement raides. Avec l’état de la piste qui se dégrade et la pente qui se redresse, il nous faut souvent nous mettre à deux pour pousser un vélo. Quand enfin nous atteignons le col à 16h nous sommes complètement épuisés : le ciel couvert et le vent froid n’arrangent pas les choses. Vincent est de plus un peu déçu car cet été paraît bien plus sec que lorsqu’il était venu : l’herbe est presque jaune et la neige a disparu des sommets. Heureusement les cinq kilomètres de descente sont vite avalés et nous plantons la tente entre les yourtes et le lac.

Le lendemain nous ne faisons qu’une courte journée de vélo pour rejoindre l’extrémité orientale du lac par une piste en terre à peine utilisée et qui nous procure le même sentiment de liberté que sur le salar d’Uyuni. La vie semble paisible ici et par beau temps le lac et les vastes pâturages qui l’entourent auraient même un petit air de paradis. Début juin de nombreux villageois accomplissent la transhumance avec leurs troupeaux jusqu’aux jailoo (pâturages d’altitude) autour du lac, et plantent leurs yourtes pour l’été. Les vaches, chevaux et moutons paissent tranquillement en liberté, et on se sent bien loin des espaces clôturés sur des centaines de kilomètres que nous avions pu observer en Amérique du Sud. Les gamins en vacances scolaires deviennent bergers pour quelques mois, et chevauchent à longueur de journée en surveillant les troupeaux. Ici les mômes montent à cheval avant même de savoir marcher !

 Issyk-Kul : et si on allait à la plage !

Changement d’ambiance alors que nous atteignons le lac Issyk-Kul deux jours plus tard : situé à 1600m d’altitude, le lac avec ses 170km de long est le deuxième plus grand lac alpin du monde, juste après le lac Titicaca. Grâce à ses sources thermales sous-marines et à sa légère salinité, le lac ne gèle jamais et l’été la température de l’eau atteint les 20°C, ce qui en fait un lieu de villégiature très prisé. Contrairement à la côte nord, semble t’il très urbanisé (et un lieu de vacances apprécié des Russes), la côte Sud a gardé son caractère sauvage, et nous pédalons sur des dizaines de kilomètres en bord de plages quasi-désertes ! On y fait donc une longue pause baignade et glandage, et au soir venu, on plante la tente !

Nous sommes désormais à Karakol, petite ville calme située à l’extrémité est du lac. La région de Karakol était à l’époque soviétique réputée pour ses centres thermaux, mais leur fréquentation a chuté depuis l’indépendance. Il reste néanmoins une curiosité à ne pas manquer en ville : le marché aux animaux du dimanche ! Il s’agit d’un des plus grands d’Asie Centrale, et les affaires commencent tôt, dès 5h ! A 9h, la moitié des animaux ont déjà été vendus. Le marché a lieu en plein air, et c’est la cohue, il faut zigzaguer entre les vaches, les moutons, les chèvres et les chevaux, et les prix se négocient durement ! Un mouton à la queue bien grasse peut coûter jusqu’à 120$, et un cheval au minimum 300$, soit le prix d’une vieille Lada. Mais comment ramener chez soi les moutons que l‘on vient d’acheter ? En voiture bien sûr ! Les moutons ou les chèvres sont ligotés puis chargés dans le coffre ou sur la banquette arrière, qu’il s’agisse d’une vieille Lada ou d’une Mercedes flambant neuve ! Un vrai spectacle surtout quand la bête refuse de coopérer et se fait trainer sur des dizaines de mètres jusqu’à la voiture !

Karakol est aussi une base idéale pour explorer les Tian Shan ou Monts Célestes, et c’est ce que nous comptons faire les prochains jours : nous partons demain pour six jours de trek avec l’assistance d’un porteur. L’aventure continue !

EN PRATIQUE

Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de chacune de nos étapes (les prix des hébergements sont pour deux personnes) :

Lors de notre visite 1€ valait 64 soms.

Etape 194 : Sary Tash (3200m) – Sary Moghul (3040m), 35km, +40m, -200m. Nuit en B&B au CBT : 1000 soms petit dej. inclus, mais peu d’intimité dans la chambre avec les A/R de l’ainée ! Diner et déjeuner en sus : 200 soms par personne et par repas, trop cher pour ce que c’est (aucun légume et des fruits véreux et moitié pourris !). Comparé aux autres CBT, celui de Sary Moghul est cher, surtout en ce qui concerne les transports et la location d’un cheval.

Etape 195 : Sary Moghul (3040m) – 5km avant Col Taldyk (3540m), 44km, +570m, -70m. Bivouac près d’une yourte au sommet du premier col.

Etape 196: 5km avant Col Taldyk (3540m) – Col Taldyk (3605m) – Gulcho (1600m), 100km, +310m, -2250m. Nuit en B&B chez Clara (Tostinitsa hôtel, rue Tulcha, tel : 0550 29 32 13): 1000 soms petit dej. inclus, 100 soms par personne et par repas supplémentaire. On y a été très bien reçus, la maison est neuve et propre, et on mange pour son argent ! On recommande vivement !

Etape 197 : Gulcho (1600m) – Col Chychyk (2390m) – Bivouac dans la descente quelques km plus loin (2080m), 28km, +800m, -320m. Nous ne sommes partis de chez Clara qu’en début d’après –midi.

Etape 198 : Bivouac (2080m) – Osh (1000m), 57km, +50m, -1130m. ½ journée de vélo. Nuit à l’hôtel Taj Mahal : 800 soms la chambre double avec sdb, correct, mais aucun sens de l’accueil.

Etape 199 : Osh (1000m) – 14km après Uzgen (1000m), 70km, +400m, -400m. Nous ne sommes partis d’Osh qu’en début d’après –midi. Bivouac entre les champs, pas facile car tout est cultivé.

Etape 200 : 14km après Uzgen (1000m) – 11km après Kochkor Ata (740m), 95km, +740m, -1000m. Bivouac entre les champs.

Etape 201: 11km après Kochkor Ata (740m) – 23km après pont pour Tashkomur (720m), 80km, +500m, -520m. Bivouac en contrebas de la route.

Etape 202 : 23km après pont pour Tashkomur (720m) – 15km après sortie de Kara-Kol (1130m), 59km, +1060m, -650m. Bivouac peu après la sortie des gorges.

Etape 203 : 15km après sortie de Kara-Kol (1130m) – 4km après Torkent (1000m), 68km, +890m, -1020m. Col à 1420m. Bivouac au dessus de la route.

Etape 204 : 4km après Torkent (1000m) – 26km après Toktogul (1580m), 55km, +1010m, -430m. Bivouac au bord de la rivière.

Etape 205 : 26km après Toktogul (1580m) – 10km avant le col Ala Bel (2610m), 31km, +1080m, -50m. Bivouac au bord de la rivière.

Etape 206 : 10km avant le col Ala Bel (2610m) – Col Ala Bel (3185m) – 8km avant bifurcation pour Suusamyr (2300m), 75km, +690m, -1000m. Bivouac au bord d’un ruisseau.

Etape 207 : 8km avant bifurcation pour Suusamyr (2300m) – Kyzyl Oi (1780m), 64km, +205m, -685m. Nuit en B&B trouvé par l’intermédiaire du CBT : 900 soms petit dej. inclus. La route se transforme en piste dès que l’on quitte l’axe principal Osh – Bishkek.

Etape 208 : Kyzyl Oi (1780m) – 2km après Chayek (1720m), 49km, +300m, -360m. Bivouac en bordure de champs. On retrouve le goudron à Aral, bien qu’en très mauvais état.

Etape 209 : 2km après Chayek (1720m) – 15km après Kyzart (2275m), 60km, +700m, -145m. Bivouac près de la rivière sur la piste menant au Song-Köl. On quitte le goudron à l’entrée de Kyzart.

Etape 210 : 15km après Kyzart (2275m) – Col Tuz Achoo (3240m) – Lac Song-Köl (3025m), 15km, +990m, -240m. Bivouac près du lac. Cette piste est la plus difficile pour arriver au lac : 10km de poussage de vélo jusqu’au col dans des pentes de plus en plus raides (par endroits on a dû se mettre à deux pour pousser un vélo). La descente est facile sur une belle piste en terre.

Etape 211 : Lac Song-Köl (3025m) – Yourtes CBT au lac Song-Köl (3020m), 18km, +70m, – 75m. Bivouac près des yourtes CBT. Petite journée pour se reposer de la veille et profiter du lac. Belle piste en terre tout le long et pas de passage de gué, les rivières étant toutes à sec à cette époque.

Etape 212 : Yourtes CBT au lac Song-Köl (3020m) – Col de Kalmak Ashuu (3440m) – 1km après Keng Suu (2380m), 49km, +500m, -1140m. Bivouac dans les collines érodées à la sortie du village. Pas mal de tôle ondulée une fois dans la vallée.

Etape 213 : 1km après Keng Suu (2380m) – 3km avant Ottuk (1620m), 97km, +260m, -1020m. Bivouac le long d’un chemin menant au lac Issyk-Kul (infesté de moustiques à la tombée de la nuit). On retrouve le goudron sur l’axe Kochkor – Naryn.

Etape 214 : 3km avant Ottuk (1620m) – Lac Issyk-Kul (1610m), 80km, +620m, – 630m. Bivouac au dessus du lac quelques km après Bokonbayev.

Etape 215: Lac Issyk-Kul (1610m) – 2km après Torson (1610m), 38km, +90m, -90m. Bivouac au bord du lac. Petite journée pour se reposer et se baigner !

Etape 216 : 2km après Torson (1610m) – 13km avant Karakol (1720m), 80km, +345m, -235m. Bivouac en bordure de champs. Attention aux moustiques !

Etape 217 : 13km avant Karakol (1720m) – Karakol (1760m), 13km, +75m, -35m. Nuit en camping au Turkestan Yurt Camp : 500 soms petit dej. pantagruélique inclus.

Total de Quito à Karakol: 12986km et 111620m de dénivelé positif.

Total en Kirghizie : 1405km et 12345m de dénivelé positif.

Album photos Kirghizstan :

Kirghizstan
Publicités
Catégories : Kirghizstan | Étiquettes : , , , , , , , , , , | Un commentaire

Navigation des articles

Une réflexion sur “Kirghizstan : à pied, à cheval et à vélo entre pâturages, lacs et vallées !

  1. Mikael

    Sublime photos pour un pays qui à l’air bien « authentique »! On sent que la Chine et même la Mongolie ne sont plus très loin.
    En tout cas, ça donne extrêmement envie d’y aller!
    Bravo pour ce voyage à la force des mollets, merci de nous faire partager, et bon courage pour le retour.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :