Ouzbékistan, l’heure du bilan…

Après presque un mois passé en Ouzbékistan, voici donc l’heure du bilan ! On aura pris notre temps et visité que le Sud du pays, sans faire de détour par la ville-musée de Khiva, la mer d’Aral ou même Tachkent, la capitale.

Ce qui nous a marqué

  • L’accueil et la générosité des Ouzbeks. Nous avons été chouchoutés pendant près d’une semaine chez l’habitant alors que Vincent était malade.
  • Les Ouzbeks sont des fans d’arrosage. Les gens ont rarement l’eau courante (et bien sûr pas de chasse d’eau), mais il y a toujours de l’eau pour arroser la cour ou la terrasse! En général les gens arrosent en fin de journée pour rafraichir la cour avant d’y diner, mais à Boukhara, la cours de notre hôtel était arrosée jusqu’à cinq fois par jour ! Un vrai gaspillage… Dans les cafés et restaurants de bord de route, le lavabo est remplacé par un seau avec un petit robinet que l’on remplit au tuyau !
  • Les hommes, même dans les villes, sont encore nombreux à porter le calot traditionnel : un petit chapeau noir à quatre côtés brodé de blanc, appelé dopy. Les femmes quant à elles s’habillent traditionnellement avec une longue robe colorée qui descend jusqu’aux genoux, souvent avec un pantalon du même tissu. Les hommes comme les femmes affectionnent particulièrement les dents en or !
  • Le « carotte » dans la cour de chaque maison, ou à l’ombre des arbres en bordure de champs, est une sorte de grand lit où l’on pose des matelas pour dormir ou une nappe pour manger. Les paysans y font de longues siestes aux heures les plus chaudes de la journée.
  • Le pays est très rural, les gens possèdent souvent un âne, une vache et quelques moutons, ont des arbres fruitiers et cultivent des tomates et du maïs. Très peu d’industries et le pays vit toujours largement de la culture du coton.
  • Les maisons traditionnelles ouzbèkes sont construites autour d’une cours centrale, souvent boisée pour apporter de la fraîcheur en été. Les pièces ne sont pas connectées entre elles et pour passer de la cuisine à la chambre par exemple, il faut passer par la cours.

Meilleurs & pires moments 

  • Meilleurs moments : les journées passées en famille chez l’habitant !
  • Pires moments : la chaleur accablante qui a rendu Vincent malade.

Sur la route

  • Deux crevaisons pour Vincent en deux semaines ! Sinon les vélos tiennent toujours le coup après plus de 10000km.
  • Le trafic routier sur les axes principaux est loin d’être intense comme en Iran, et on roule tranquilles sur les 4 voies. Sur les routes de campagne on se régale même si la qualité des routes est très variable, du tronçon tout neuf à la mauvaise piste pour cause de travaux.
  • Les Ouzbeks savent à quoi sert un passage un piéton et s’arrêtent pour laisser les gens traverser. La première fois que ça nous est arrivé à Boukhara, on n’en revenait pas !
  • Finis les berlines Toyota du Turkménistan, ici les routes sont parcourues par des minibus minuscules de marque coréenne qui assurent la liaison entre les villages et des Lada en divers états de marche ! On croise de plus de nombreux ânes qui conduisent les gens aux champs dans des charrettes de fortune ou ramènent l’herbe fraîchement coupée pour les animaux. Les gens se déplacent aussi beaucoup à vélo (souvent de vieux modèles de l’époque communiste sans freins) et les jeunes aiment décorer leurs vélos et épater la galerie, à l’instar des jeunes Iraniens à moto !
  • Les postes de contrôles de police sont fréquents le long des routes. Les policiers ne nous ont jamais posé de problème, même si nous avons eu un contrôle systématique des passeports en approchant du Tadjikistan.

Nourriture

  • Amis végétariens attention ! La cuisine ouzbèke riche en viande mais surtout en pur gras de mouton, arrive même à dégouter les amateurs de viande comme Vincent ! Difficile d’y échapper même en demandant des œufs sur le plats, car ils sont parfois fris au … gras de mouton ! Le mouton se retrouve partout : dans la soupe, dans les chachliks (brochettes), dans les laghmans (nouilles aux légumes), dans les samsas (équivalent des empanadas sud-américaines), et bien sûr dans le plov, le plat national (riz frit aux carottes et … au mouton !). Les morceaux de gras sont des morceaux de choix qu’il est d’usage d’offrir aux invités.
  • Les Ouzbèks boivent du thé vert à longueur de journée, servi dans des petits bols. La tradition veut que trois fois l’on remplisse un bol que l’on reverse ensuite dans la théière : le thé est alors prêt à servir. Le bol des invités est rempli seulement à moitié, et on en rajoute régulièrement. Un bol rempli entièrement est une invitation discrète à partir.
  • Le pain le plus répandu est le non : pain rond cuit dans un four « tandour » (en argile). on trouve aussi le pain carré des Russes.
  • Les petits déjeuners dans les hôtels sont pantagruéliques : thé ou café, pain, fromage, saucisson, beurre, confiture maison, œuf sur le plat ou omelette ou crêpes, et parfois même du riz, des patates ou des fruits !
  • Pour mimer le verbe « manger », en Occident on fait mine de porter les aliments à la bouche avec une cuillère ou une fourchette. Mais en Ouzbékistan, on fait de grands gestes avec la main droite de droite à gauche devant la bouche. Il nous aura fallu du temps pour comprendre que cela veut dire manger ! En effet, les Ouzbèks mangent traditionnellement avec les doigts en tenant la nourriture (boulettes de riz, pain trempé dans la soupe etc…) entre le pouce et les autres doigts, et enfournent le tout dans la bouche de droite à gauche !
  • A la fin du repas, on remercie Allah avec le geste de l’amin avant de sortir de table : il s’agit de se passer les mains devant le visage de haut en bas ; c’est en gros l’équivalent du signe de croix chez les Catholiques.
  • Les glaciers sont très répandus en ville et ont un succès fou auprès de la population locale !
  • L’eau du robinet n’est pas potable et nous l’avons achetée, filtrée ou mis des pastilles dedans. On trouve partout des bidons de 5 ou 10 litres d’eau.
  • On craignait les invitations à boire de la vodka, mais nous aurons eu de la chance, à part Mohtor qui voulait en prescrire à Vincent à titre médical, nos hôtes n’ont jamais sorti la bouteille, pour notre plus grand soulagement !

Environnement & Développement durable

Les bords de route et les rues des villes et villages sont étonnamment propres ! Pourtant nous n’avons quasiment pas vu de poubelles dans les rues : il semble que les locaux gèrent eux même leurs déchets en les faisant brûler.

L’eau nous a souvent parue gaspillée : arrosage à grande eau des terrasses en plein soleil, irrigation des champs de coton qui consiste à les inonder … L’Ouzbékistan est en effet le deuxième producteur mondial de coton, juste après les Etats-Unis. Le détournement des eaux du Syr Daria et de l’Amou Daria ont eu sur la Mer d’Aral des effets catastrophiques : assèchement de la mer qui est désormais divisée en deux bassins, disparition de la faune aquatique, aridification du climat, salinisation et assèchement des sols, tempêtes de sables balayant les sols chargés de résidus chimiques (pesticides, engrais) etc… Avec pour conséquence de graves problèmes de santé pour la population environnante: maladies respiratoires, cancers de la gorge et de l’œsophage, typhoïdes et hépatites causée par la mauvaise qualité de l’eau potable etc…

EN PRATIQUE

Dates : du 29 mai au 26 juin 2013, soit 30 nuits dans le pays. 12 jours de vélo.

Hébergement : nuits en hôtels : 15, nuits en bivouac : 6, nuit chez l’habitant : 7.

Budget : 7,7 $ (21 175 soums) par jour et par personne, comprenant nourriture, hébergement, visites des sites historiques, et connexion internet. Prix d’une chambre double en hôtel : de 20 à 30 $. Nous avons eu trois nuits gratuites à Samarcande grâce à Nomade Aventure, et n’avons pas payé l’hôtel la dernière semaine car nous avons été invités chez l’habitant. Les hôtels de Denau sont soit très chers (51$ la chambre), soit ignobles (1 seul WC pour tout l’hôtel et douche dans le jardin !), soit n’acceptent pas les étrangers ! On s’inquiétait de ne pas avoir assez de tickets d’enregistrement en quittant le pays, mais heureusement les douaniers ne nous ont rien demandé.

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