Iran : de Dogubayazit à Téhéran en passant par la mer Caspienne

Enfin voilà le récit tant attendu de nos aventures en Iran ! Il faut dire que la lenteur du réseau internet mêlée à la censure de nombreux sites nous ont complètement découragés de mettre le blog à jour tant que nous étions dans le pays. Nous utilisions pourtant Freegate, un proxy qui permet de contourner la censure et d’avoir accès aux plateformes de blogs et réseaux sociaux tels facebook, mais le cryptage des données rendait le téléchargement de photos quasi-impossible… Nous écrivons donc cet article depuis Boukhara en Ouzbékistan, après une traversée express du Turkménistan (visa de transit de 5 jours oblige).

Alors l’Iran, c’était comment ? Vu l’image négative qu’a le pays en Occident (nos familles nous prenaient presque pour des fous…), nous étions à la fois curieux et impatients d’y aller pour voir comment c’est « en vrai ». Vincent appréhendait un peu quand même, espérant que nous n’ayons pas de problèmes avec la police, tandis qu’Angélique y allait plutôt confiante, après avoir lu les témoignages positifs d’autres cyclos sur internet.

Femmes iraniennesEt ce qu’on peut vous dire c’est que le pays ne se résume pas que par des clichés : bien sûr le pouvoir est contrôlé d’une main de fer par un « vieux barbu fanatique religieux », la loi islamique basée sur la Sharia règne en maître et les médias sont censurés. Pourtant la population ne reflète en rien cet extrémisme et est particulièrement accueillante. Partout quand nous annoncions que nous venions de France, on nous remerciait avec des « Welcome to Iran ». Imaginez un Iranien à Paris, serait-il accueillit avec des « Welcome to France » ? Les femmes surtout nous ont étonnés : elles ont su s’adapter pour garder leur féminité malgré la loi islamique et regagnent petit à petit plus de liberté. Le pays quand à lui possède un riche patrimoine historique, les paysages y sont très variés (des rizières en Iran ?!) et en plus voyager y est extrêmement bon marché ! Bref, en un mois et demi dans le pays, on n’a pas eu le temps de s’ennuyer !

Dogubayazit – Téhéran: premières impressions sur l’Iran

Arrivee en IranAprès quelques jours à Dogubayazit, dernière grande ville côté turc, nous quittons notre camping et pédalons vers la frontière iranienne. Le temps est à la pluie et les montagnes alentours sont saupoudrées de neige fraîche. Le Mont Ararat est couvert par un large chapeau de nuages, impossible donc de chercher des yeux l’endroit où se serait échouée l’arche de Noé. De nombreux camions nous précèdent jusqu’au poste frontière que l’on atteint en fin d’après-midi. Avant de passer la douane, Angélique enfile sa tunique et sort son voile. Les formalités turques sont vite expédiées et nous voilà devant la grille contrôlant l’accès à la République islamique d’Iran. De l’autre côté on nous demande nos passeports, contrôle nos visas, et après deux trois questions (What is your job ? Which city do you plan to visit ?), nous pouvons y aller ! Pas de fouille de bagages ni de formulaires interminables à remplir, easy !

Nous passerons notre première nuit en Iran dans un petit hôtel à Bazargan. La prochaine étape consiste à changer nos livres turques (l’équivalent de presque 1000 euros) en rials avec le tenancier de l’hôtel. Il est en effet impossible de retirer de l’argent en Iran, il faut donc arriver avec suffisamment d’argent liquide. Opération rocambolesque puisque le tenancier ne parle pas en rials mais en tomans (10 rials = 1 toman) sans nous l’expliquer et nous croyions donc au début qu’il cherchait à nous arnaquer ! Mais en fait non, et c’est même plutôt une bonne surprise : nous repartons avec presque trois fois plus d’argent que nous pensions : le taux de change officiel que nous avions vérifié sur internet s’avère en fait bien plus bas que le taux réel du marché ! Par contre nous recevons presque uniquement des billets de 50 000 rials, sachant qu’ils valent à peine plus d’un euros chacun, imaginez un peu les liasses de billets que nous récupérons.  Nous voilà multimillionnaires !

Alourdis de nos rials, nous prenons la route mais dès la sortie de la ville nous sommes arrêtés par la police. On s’attend à un contrôle des passeports, ou bien à une remontrance vis-à-vis de la tenue d’Angélique, mais non, ils veulent juste nous dire bonjour et satisfaire leur curiosité pour nos vélos bizarres ! La loi islamique impose en effet aux femmes de porter le voile, de couvrir les bras et les jambes, et la tunique (appelée manteau) doit descendre au moins jusqu’à mi-cuisses afin de dissimuler les « formes » ! Pas forcément la tenue la plus appropriée pour faire du vélo… Angélique s’est donc confectionnée une tunique pour pédaler (en plus de celle achetée à Trabzon pour porter en ville) : avec la moitié inférieure d’un t-shirt en coton, elle à rallongé son t-shirt technique à manches longues afin que celui-ci atteigne la longueur réglementaire. L’effet n’est pas des plus esthétiques, mais au moins par temps chaud la transpiration est vite évacuée.

Premier contact avec la populationA Maku, la prochaine ville après la frontière, nous faisons une pause pour nous approvisionner. Comme à chaque fois que l’on rentre dans un nouveau pays, il faut recommencer l’apprentissage : apprendre à repérer les épiceries et les boulangeries souvent mal signalées, se faire une idée des prix, apprendre les quelques mots indispensables qui servent quotidiennement (pain, pâtes, magasin, eau, combien ça coute etc…), et c’est cette fois d’autant plus difficile qu’en Iran ils utilisent l’alphabet arabe et des chiffres qui sont au premier abord indéchiffrables pour nous ! Nous maîtriserons assez rapidement les chiffres (au bout de quelques jours) et à la fin du séjour Vincent arrivera même à lire la plupart des indications sur le bord de la route (sans pour autant comprendre ce qu’elles veulent dire !). En sortant de l’épicerie, un Iranien en voiture nous propose sa bouteille de Vodka, nous n’en revenons pas, l’alcool est pourtant interdit en Iran (tout comme la drogue et l’homosexualité entre autres, qui sont passibles de la peine de mort !).

Après Maku qui est construite dans un canyon étroit, le paysage s’ouvre sur une large vallée. La route est bordée de haies et de champs, et comme nous sommes vendredi et que c’est le seul jour férié de la semaine en Iran (à l’instar du dimanche chez nous), les locaux sont sortis en masses pique-niquer à la campagne. Nombreuses sont les mains levées en guise de salutations à notre passage et les « Welcome to Iran » fusent de tous les côtés ! Les Iraniens semblent en effet des grands amateurs de pique-niques, et ils amènent souvent avec eux une toile de tente, style les tentes « 2 secondes » mais en moins compacte. Par contre nous n’avons jamais vu qu’ils campent véritablement dedans !? Nous sommes aussi rassurés de voir que les femmes que nous croisons laissent dépasser leur mèche ou leur frange du voile, Angélique ne devrait dons pas avoir de problème si ses cheveux dépassent du buff sous le casque ! Le reste de l’après-midi, nous jouons à cache-cache avec les averses (avril est le mois le plus pluvieux en Iran) mais nous n’échapperons pas à l’orage au bivouac !

Bivouac entre les orages

Le lendemain, alors que nous faisons une pause en haut d’un petit col, une voiture se gare derrière nous : encore la police ! Et surprise, il s’agit des mêmes policiers que la veille ! Ils nous demandent où nous avons dormi et si tout va bien et repartent ! On se demande un temps s’ils nous surveillent, mais on pense plutôt qu’ils étaient simplement amicaux. Plus tard dans la journée, une autre voiture de police s’arrête à notre niveau, uniquement pour vérifier que nous ne manquons pas d’eau ni de nourriture ! Du coup on se dit que les policiers sont plutôt cools et on appréhende beaucoup moins de les croiser ! Le paysage quand à lui est superbe, on passe de vallées fleuries de pâquerettes, coquelicots et pissenlits à des étendues plus ouvertes et arides, avec des sommets enneigés au loin. Il y a dans l’ensemble pas mal de verdure, même si ça ne doit plus être le cas à l’automne.

Sur la route, les conducteurs ralentissent fréquemment à notre hauteur pour nous poser une multitude de questions : de quel pays sommes nous, est ce nous aimons l’Iran, où allons nous, combien de kilomètres avons-nous parcourus, etc… Et systématiquement, une fois leur curiosité rassasiée, les gens nous quittent avec un « Welcome to Iran » ! Même alors que nous ne serons plus qu’à deux kilomètres de la frontière turkmène et sur le point de quitter le pays, nous aurons encore le droit à des « Welcome to Iran » ! Tout au long de notre séjour en Iran on nous posera les mêmes questions, alors on trouve ça sympathique au début, mais quand on nous demande la même chose 20 fois par jour, on vous avoue qu’on perd un peu patience… Il faut dire que peu de touristes visitent l’Iran, et encore moins à vélo, d’où leur curiosité !

Akbar, chasseur de cyclistes!A Marand, c’est un cycliste local qui nous arrête en brandissant des canettes de jus de fruits et des barres chocolatées. Akbar, tout fier de lui, sort ensuite de son sac son album rempli des photos qu’il a prises de cyclotouristes passant par sa ville. Son Anglais est limité mais nous comprenons qu’un autre cycliste français nous précède d’une journée. Nous ne comprenons pas, par contre, comment il fait pour repérer tous les cyclos qui passent ! Car tous les cyclos que nous croiserons plus tard dans le pays (sept quand même) auront aussi été interceptés par Akbar ! Akbar insiste pour que nous allions prendre un thé avec lui et son ami Mohammed. Heureusement Mohammed parle un peu mieux Anglais et nous explique qu’il est fabricant de sacs en cuir, mais sa femme arbore pourtant un sac « made in China » ! C’est aujourd’hui jour férié (pour commémorer le martyr de Fatima, la fille du prophète Mahomet) et pour l’occasion Mohammed, sa femme et leurs enfants vont en pique-nique à la campagne. Nous les retrouverons donc quelques kilomètres plus loin dans la montée du col. Puis dans l’après-midi, alors que nous descendons à plein régime, nous retrouvons avec surprise Akbar, garé en bordure de route. On descendait tellement vite que le temps de réaliser que c’était lui et de freiner, nous sommes déjà trop loin. Mais pas de problème, le voilà qui accoure avec, encore, des briques de jus de fruits bien frais. Incroyable ! Depuis combien de temps nous attend-il sur le bord de la route ? On ne saura jamais… Alors on le remercie vivement et nous poursuivons.

Nous atteignons Tabriz à la tombée de la nuit. Le trafic est intense et nous n’aurons pas le temps d’atteindre le centre ville, encore à quinze kilomètres, avant la nuit noire. Alors lorsque nous repérons un parc avec toilettes nous décidons d’y installer la tente pour la nuit. De nombreuses familles y sont installées pour pique-niquer, parfois avec la fameuse tente 2 secondes, nous n’avons donc pas trop de scrupules à planter notre tente aussi. Et puis on avait lu sur des blogs que des touristes avaient déjà campé dans des parcs en ville sans aucun problème. Instantanément les familles d’à côté viennent nous offrir le thé, des jeunes filles nous offrent des sandwichs au fromage, tomate et concombre, et un gars vient même nous offrir des gâteaux apéritif. Adorables ! Vincent en veut un peu à Angélique d’accepter sans avoir refusé au minimum trois fois, comme le veux la règle de politesse du pays, appelée ta’arof. Mais au bout de seulement trois jours dans le pays, ce n’est pas encore automatique ! Alors le ta’arof veut que chaque offre soit refusée au minimum trois fois : cela permet ainsi à la personne vous offrant quelque chose de sauver la face au cas où en réalité elle ne pourrait pas se permettre de vous l’offrir vraiment. Si elle tient réellement à vous offrir quelque chose, elle continuera à insister, sinon arrêtera. Ainsi, on s’est vu offrir notre pain plusieurs fois après avoir insisté pour payer le boulanger. Quand celui-ci refuse plus de trois fois, on est sûrs qu’il voulait réellement nous l’offrir ! Enfin ça ne marche pas à tous les coups et on s’est fait avoir plusieurs fois, on y reviendra plus tard.

cycliste local étudiant en cinémaLe lendemain, nous nous faisons escorter au centre ville par un cycliste local étudiant en cinéma, qui nous dépose au pied de la mosquée bleue, une des plus anciennes de la ville. Là nous rencontrons Mohammed, un designer graphique qui travaille dans le centre commercial flambant neuf construit juste en face. Il se propose de nous aider à trouver un hôtel à bas prix, mais après plusieurs tentatives, il faut se rendre à l’évidence : tous les hôtels sont pleins ! Mohammed nous explique que de nombreux Azéris (du pays Azerbaïdjan, non de la province iranienne du même nom) viennent à Tabriz, à seulement deux heures de route depuis la frontière, pour se faire soigner et ils prennent d’assaut les hôtels bon marché ! Les médecins iraniens sont en effet bien formés et nombreux sont ceux qui ont poursuivi leurs études à l’étranger. Mohammed, qui est membre du réseau « couchsurfing », se met donc en quête de nous trouver un hôte (lui-même ne peut malheureusement pas nous héberger en ce moment). En attendant nous passons quelques temps dans son bureau : Mohammed nous explique qu’il travaille principalement avec l’université de Tabriz qui passe commande pour des affiches. Au passage, il nous présente Ibrahim qui tient le magasin d’informatique d’en face : Ibrahim a fait des études de littérature française et parle un Français impeccable ! Femmes en tchador au bazar de TabrizPuis nous allons faire un petit tour en ville : depuis que nous sommes en Iran, nous n’avions jamais vu autant de femmes en tchador ! Ca nous fait un peu bizarre de voir tant de fantômes noirs se faufiler dans les rues… Le tchador, littéralement « tente » en farsi, est en fait une sorte de draps / cape que les femmes portent par-dessus leurs vêtements et qu’elles tiennent en place soit avec leurs mains, soit avec leurs dents (quand les mains sont occupées) ! Il existe aussi des modèles qui sont fixés au voile porté en dessous. Le tchador n’est plus obligatoire, mais beaucoup de femmes continuent à le porter.

De retour chez Mohammed, nous rencontrons Hamed, un autre couchsurfer que Mohammed a contacté mais qui lui non-plus ne peut nous recevoir car il manque de place chez lui. Ahmed a 22 ans et est déjà un retraité du cyclisme professionnel. Ado, il a même participé à des compétitions en Allemagne et en Italie, mais il a dû arrêter le cyclisme prématurément à cause de problèmes aux genoux. Depuis, il a pris trente kilos ! Il étudie l’électronique et espère pouvoir trouver du travail en Allemagne. Hamed nous conduit finalement au « Passenger park », une sorte de camping gratuit réservé aux touristes. C’est un peu loin du centre mais ça nous va très bien !

Jeunes de TabrizSur les conseils d’Hamed, nous nous rendons le lendemain dans le magasin de vélo de Said Mohammed (près de Nader Square) pour changer nos chaînes qui ont près de 8000 kilomètres. Said est connu pour offrir la main d’œuvre aux cyclistes étrangers : nous payerons donc moins de 18 euros pour 5 chaines (il nous faut presque 3 chaines par vélos) et un travail impeccable ! Pendant ce temps nous partons visiter le bazar de Tabriz, réputé pour être un des plus beaux et mieux préservé du pays et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Le matin, l’activité y est intense et les petites ruelles couvertes sont prises d’assaut par les livreurs et leurs chariots, les motos et vélos zigzaguent entre les passants, et on ne sait plus où donner de la tête ! Le bazar est un véritable labyrinthe et les boutiques sont rassemblées par section : il y a ainsi la section des tapis et des tapisseries, celles des épices, des vêtements, des bijoux etc… Vincent qui a mal dormi supporte mal la cacophonie ambiante et alors que nous nous rapprochons de la sortie, nous tombons sur Ibrahim, le voisin de travail de Mohammed qui parle Français. Il nous explique qu’il tient aussi une échoppe dans le bazar et insiste pour nous faire une visite guidée. On a beau refusé, il continue à insister. Mais Vincent a mal à la tête et on lui explique qu’on veut aller manger, en espérant qu’il comprenne qu’on veut partir. Mais c’est loupé, car maintenant Ibrahim veut nous inviter à manger ! On a beau lui dire que ce n’est pas la peine, qu’on peut se débrouiller tout seul, Ibrahim insiste en nous disant : « c’est mon devoir, je dois vous inviter » ! Bazar de TabrizLa coutume iranienne veut en effet que l’étranger soit traité comme un invité d’honneur, c’est vraiment gentil, mais on a beau lui expliquer que Vincent est fatigué et ne se sent pas bien, impossible d’y échapper. Ibrahim nous conduit donc à l’autre bout du bazar dans une petite échoppe qui sert des kebabs (essentiellement de la viande hachées et du pain), et quand Vincent refuse de rentrer tellement il ne se sent pas bien, Ibrahim ne se démonte pas et demande un plat à emporter pour lui ! Angélique rentre manger à l’intérieur avec Ibrahim, un peu à contre cœur et surtout contre son estomac, car la viande servie ressemble plus à du gras et des nerfs hachés, pas ce qui se fait de mieux pour quelqu’un qui n’est pas « viandivore »… En sortant, enfin, Ibrahim nous laisse libres et repart vers son échoppe au pas de course. Il a accompli son devoir, mais il a rendu un service qu’on ne voulait pas. Ça nous arrivera d’autres fois encore, on y reviendra plus tard…

A Tabriz nous décidons de prendre le train pour Téhéran afin de lancer nos demandes de visas pour la suite au plus vite. Nous voyagerons en train couchettes de nuit et partageons le compartiment avec un avocat de Téhéran et un étudiant en électronique. Le train est confortable mais très lent : il nous faudra 14h pour faire 700km ! Vers 20h, nous faisons même une halte mosquée pour la prière du soir.

Restaurant traditionnelUne fois à Téhéran, nous appréhendons de nous lancer dans le trafic fou de la ville : il faut dire que la capitale est aussi vaste et polluée que la circulation y est chaotique. Heureusement la gare est au Sud de la ville, et c’est là aussi que se trouvent les hôtels les moins chers. Pour les derniers 500m, nous devons remonter une rue à contre sens, on hésite, mais voyant que toutes les motos s’y faufilent, nous faisons de même ! On s’installe dans un petit hôtel basique pour 7€ la nuit à deux. Par contre, nous sommes jeudi après-midi et nous devrons attendre dimanche afin de lancer les formalités pour nos visas (car toutes les ambassades sont fermées le vendredi et le samedi). On se prend donc une journée de repos pour déambuler dans la ville, et on se paye notre premier resto en Iran pour goûter une spécialité végétarienne à base d’aubergines, typique de la mer Caspienne : le mirza ghazemi.

Le flirt n'est plus interditLe samedi nous décidons de troquer nos vélos contre des chaussures de rando pour aller faire un tour dans les montagnes au Nord de la ville. La capitale iranienne est en effet située au pied des montagnes de l’Alborz (Elbourz), qui culminent à 5671m avec le Mont Damavand. L’hiver plusieurs stations de ski sont accessibles depuis le quartier chic de Darband. Au printemps et en été, le départ des sentiers de randonnées, bordé de petites échoppes et de maisons de thé en plein air le long de la rivière, est un lieu branché où les jeunes viennent flirter tout en échappant à la chaleur parfois suffocante qui englobe la ville. Nous y croisons de nombreux couples, les jeunes filles sont apprêtées avec tenue moulante, maquillage et haut talons, bien sûr pas la tenue la plus adaptée à la marche, mais leurs compagnons sont toujours là pour tendre une main salvatrice à ces dames lorsqu’il faut franchir un passage délicat ! Le voile quant à lui se porte le plus en arrière possible, ne couvrant parfois que la queue de cheval, et est savamment attaché à la chevelure afin d’être maintenu en place. En ce qui nous concerne, nous poursuivons bien au-delà des échoppes, jusqu’au refuge de Shirpala à 2700m. Rando au-dessus de TeheranLe sentier raide demande de crapahuter parfois mais il a été extrêmement bien aménagé par le Club Alpin Iranien. Et oui, on a découvert comme vous que ça existe ! En route on rencontre même un couple qui monte dormir au refuge, la femme voilée sous son casque d’escalade, en vue de faire l’ascension d’un sommet le lendemain. Une femme alpiniste en Iran, on ne s’y attendait pas et ça nous a fait plaisir à voir !

Les prochains jours seront consacrés à nos demandes de visas : en Amérique du Sud c’était simple, il suffisait de se pointer à la frontière. Pour les pays d’Asie centrale, il faut un visa. Mais pour obtenir un visa, il nous faut d’abord des lettres de recommandation de l’ambassade française ! Et pour demander le visa turkmène, il fait avoir déjà le visa ouzbek. Nous parcourons donc la ville entre ambassades et photocopieuses et au passage nous testons le métro à l’heure de pointe : on y est entassés comme des sardines, mais le métro est efficace, moderne et rapide, et il en plus il ne coûte rien (moins de 0,10 centimes d’euros) ! Des marchands ambulants se déplacent de wagon en wagon pour vendre brosses à dent, bonbons, rasoirs etc… Dans les wagons des femmes (le premier et dernier wagon de chaque rame leur sont exclusivement réservés) d’autres marchandises circulent : collants léopard, culottes, et soutien gorge ! Dans les quartiers moins chics du Sud de la ville, les femmes achètent même leurs dessous dans des étalages dans la rue. Pour nous, c’est assez comique de voir une femme en tchador acheter un soutien gorge en public à un commerçant du sexe masculin !

Jeune ecoliere voileeUn midi, on assiste aussi à la sortie des écoles : le voile fait partie de l’uniforme pour les petites filles, quelque soit leur âge, mais en dehors de l’école, elles peuvent ôter leur voile tant qu’elles n’ont pas encore 9 ans (après 9 ans, le voile est obligatoire en public). Alors certaines parmi les plus petites enlèvent leur voile aussitôt sorties (le voile se met et s’enlève facilement à l’aide de velcros) !

Ouvrons une parenthèse sur le droit des femmes en Iran. Elles peuvent conduire, acheter une propriété, travailler et voter. Historiquement, les femmes perses jouissaient d’une liberté supérieure à celle des femmes des contrées voisines. Puis à la suite de la conquête arabe et de l’islamisation qui suivit, leurs droits furent mis à l’épreuve : l’islam considère en effet que plutôt que d’êtres égaux, les hommes et les femmes ont des droits et responsabilités différentes, et en gros la place de la femme est la maison ! Au début du 20ème siècle, avec la dynastie des shahs Pahlavis, ont commencé à se profiler des avancées, qui aboutirent au droit de vote pour les femmes en 1962, à l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans, au droit de demander le divorce etc… Les femmes alors, ne portent pas le voile islamique et sont libres. Mais ces réformes, entre autres, ne plaisent pas à tout le monde et l’opposition, dominée par l’Ayatollah Khomeiny, renverse le Shah en 1979 suite à la révolution islamique. Khomeiny prend alors le pouvoir et impose la Sharia. Les femmes se retrouvent soumises à des lois très dures : l’âge minimum du mariage est abaissé à 9 ans pour les fillettes, le port du hidjab (code vestimentaire dont le voile) devient obligatoire, la parole d’une femme ne vaut plus que la moitié de celle d’un homme devant les juges, les femmes coupables d’adultères sont lapidées (même les femmes victimes de viol !) et en cas de divorce, il est quasi-impossible pour une femme d’obtenir la garde de ses enfants. En 1997, le président Khatami tente de faire passer quelques réformes en faveur des femmes, mais peu sont acceptées ; Femmes iraniennesl’âge minimum du mariage passe quand même à… 13 ans, les femmes peuvent désormais sortir en public sans être accompagnées par un parent (frère, père ou mari) et les lois sur le code vestimentaire s’assouplissent (elles peuvent désormais se maquiller !). Il faut savoir qu’en Iran, les candidats à la présidentielle ainsi que les lois doivent être « approuvés » par le conseil des gardiens : ils sont douze et sont nommés par les instances religieuses du pays, dominées par le « leader suprême » : l’actuel Ayatollah Khamenei (successeur de Khomeiny, oui, un grand barbu lui aussi…). Beaucoup d’Iraniens se plaignent de leur manque de liberté, mais pourtant beaucoup d’autres adulent Khomeiny et Khamenei (on voit fréquemment leurs deux portraits sur les affiches de propagandes, dans les mosquées, dans les écoles, etc…).  Fin de la parenthèse…

Leo et JeanDaLes allers et retours aux ambassades nous aurons au moins permis de repérer une excellente pâtisserie, et de ramener à l’hôtel des énormes tartes aux fruits, pour le plus grand plaisir de Léonie et Jean-Daniel, un couple de cyclos suisses avec qui nous passerons d’agréables soirées à partager nos impressions sur le pays. Eux aussi sont à Téhéran pour faire leurs visas et la procédure s’éternise… En ce qui nous concerne, nous devons récupérer nos visas ouzbeks et tadjiks dans une semaine, nous décidons donc d’aller faire une escapade de quelques jours à vélos à travers les montagnes de l’Alborz jusqu’à la mer Caspienne.

Escapade sur la côte de la Caspienne

Quitter Téhéran à vélo est un enfer : le trafic ne se calme pas avant cinquante kilomètres et nous pédalons entre les gaz d’échappement et le vacarme des moteurs. Le soir venu, impossible de trouver un hôtel dans les trois dernières villes que nous traversons. Il y en a bien, mais ils n’ont pas de licence leur permettant de recevoir des étrangers. Ce n’est qu’à la nuit tombée que nous dénicherons un endroit pour planter la tente, dans un espace boisée à l’angle d’un carrefour. Le lendemain, un col à 2725m nous attend, et aussi nos premiers tunnels. TunnelsAu lieu des deux marqués sur la carte entre Téhéran et Amol, nous en traverserons une bonne dizaine. Les premiers sont éclairés mais non ventilés, l’air est opaque à cause des gaz d’échappement et on préfère ne pas penser à l’état de nos bronches… Mais le pire reste à venir : dans la descente les tunnels s’enchainent et ils ne sont plus du tout éclairés ! Nous n’avons pas de lumière sur les vélos et la frontale ne suffit pas. Nous arrêtons donc une voiture et lui faisons signe de nous suivre de près afin de nous éclairer la route. Nous arriverons à Amol noirs de crasse à cause des gaz d’échappement : heureusement que l’on a traversé la majorité des tunnels en descente !

Nous avions choisi l’itinéraire qui passe au plus près du volcan Damavand, afin de voir le sommet le plus haut du Moyen Orient, mais manque de chance il avait la tête dans les nuages lorsque nous sommes passés à son pied. Les paysages de montagne dans la descente furent  néanmoins magnifiques : canyon profond aux parois arides et ocre,  fond de vallée vert et cultivé, torrent aménagé avec de nombreux parcs à truites, puis, au détour d’un virage, apparaissent les premiers flans de montagnes entièrement boisés ! RiziereNous n’avions jamais vu tant d’arbres en Iran. L’air devient de plus en humide à mesure que l’on descend, et lorsqu’enfin nous débouchons sur la plaine qui borde la mer Caspienne, nous pédalons entre les rizières ! Grâce à son climat humide, la Caspienne est aussi la plus importante région productrice de légumes du pays. Nous longeons le bord de mer entre Mahmud Abad et Babolsar et observons les Iraniens qui vont à la plage. Deux accessoires semblent indispensables : la voiture et la toile de tente ! Même s’il y a un parking face à la plage, ils vont au plus près de la mer avec la voiture, au risque de s’enliser ! Nous avons ainsi bien rigolé lors d’une pause pique-nique, en observant une bande de jeunes mecs tenter de libérer leur voiture du sable.

Mer Caspienne

Puis nous tombons sur Medhi : un Iranien à moto qui nous fait comprendre avec son peu d’Anglais qu’il adore la France et les cyclistes et qui insiste très lourdement pour que nous venions chez lui. On finit par accepter, et nous nous retrouvons bientôt dans son appart flambant neuf mais vide ! Sa femme et son fils sont absents et on le regrette car on se sent un peu mal à l’aise seuls avec lui. La conversation est très limitée vu son faible niveau d’Anglais et notre plus que faible niveau en Farsi, mais surtout il profite de chaque occasion pour coller Angélique d’un peu trop près, bien que nous lui ayons dit que nous sommes mariés. On a eu du mal à s’échapper après seulement un verre de thé, et Mehdi était visiblement déçu que nous ne restions pas avec lui pour partager un barbecue en soirée.

Quelques kilomètres plus loin, nous rencontrons des étudiants originaires de Shiraz qui étudient à Mahmud Abad. Ils nous invitent, on aurait accepté avec plaisir car ils parlaient bien Anglais et on devine qu’on aurait vraiment pu avoir une conversation intéressante, mais nous avons passé Mahmud Abad la vielle, et ce n’est donc pas sur notre route.

Moktar

Par contre, toute la côte étant densément peuplée et cultivée, nous avons du mal à trouver un endroit où bivouaquer. On avait lu qu’en dernier ressort, il était possible de demander dans les mosquées, on essaye donc. Vincent se retrouve aussitôt pris en charge par Moktar, un habitant du village, qui nous indique où installer la tente et nous fait signe qu’il va revenir dans quelques minutes. Et il revient en effet un peu plus tard avec des oranges, des concombres et des petits fruits verts et acides qu’on ne connaît pas. Il vérifie que nous avons bien du pain frais (on en avait acheté juste avant) et repart… mais revient quelques minutes plus tard, cette fois avec un saladier plein des fraises de son jardin ! Un amour ce Moktar ! Après l’appel à la prière du soir, ce sont une dizaine de curieux qui viennent nous souhaiter la bienvenue. Il y a aussi des mômes qui tournent à vélo dans la cour de la mosquée : Angélique réussi à leur faire comprendre où nous allons et depuis combien de temps nous voyageons, et les gamins paraissent très impressionnés. L’un d’eux reviendra un peu plus tard lui aussi avec un plein bol de fraises ! Ils sont adorables !

Le lendemain matin, Moktar revient encore, cette fois avec du pain frais, et ne nous laisse pas partir tant qu’il n’est pas sûr que nous ne manquions de rien. Incroyable de générosité ce Moktar ! Nous poursuivons ensuite vers Sari par les petites routes de campagne, les arbres sont en fleurs, nous zigzaguons entre les rizières et ça sent le printemps. Peu avant Sari, c’est Mohammed qui insiste longuement pour que nous venions déjeuner chez lui avec sa mère. Il parle Anglais, on a passé le cap des trois fois du ta’arof, et on se dit pourquoi pas, mais avant nous voulons aller à la gare réserver nos billets de train pour retourner à Téhéran. Il nous y escorte et nous aide à acheter nos billets pour un départ ce soir : comme il faut laisser les vélos au service cargo dès maintenant, nous chargeons les sacoches dans la voiture de Mohammed et montons. Mais là, surprise : il nous demande à quel hôtel nous voulons êtres déposés ! Ben, on n’était pas censés aller manger chez toi là ?!? On n’y comprend plus rien, serait-ce un tour du ta’arof que nous ne maîtrisons pas ?

Les mecs regardent les fillesNous passerons finalement l’après-midi dans un parc en ville. Les parcs sont, comme les maisons de thé, des lieux de drague prisés auprès des jeunes (à défaut de boîtes de nuit !) et on s’amuse à les observer : d’un côté de l’allée, le banc des filles, bien habillées, le teint nickel, et qui font semblant d’être plongées dans leur téléphone portable. Mais en fait elles observent… le banc des mecs un peu plus loin : jeans moulants, lunettes de stars, et t-shirts au décolleté profond qui laisse deviner de forts pectoraux bien velus ! Les filles regardent les mecsOn imagine la conversation des mecs : « T’as vu les gonzesses là-bas, celle de droite elle est pas mal hein ! » et celle des filles : « Oh t’as vu le type avec le t-shirt vert, il est trop beau, en plus je sûre qu’il m’a regardée » ! Et on ne sait pas comment, mais ça finit par un échange de numéro de téléphone ! Yes ! Au passage, Vincent, qui était un moment assis seul sur son banc, s’est fait dragué par des filles qui lui ont fait des yeux sans équivoque ! Tout apeuré, il a rejoint Angélique en courant !

Bref, nous avons donc pris le train de nuit pour Téhéran, mais avons du être patients pour récupérer nos vélos à l’arrivée. Les gars au service cargo ne parlent pas Anglais, donc nous ne savions même pas si les vélos étaient déjà arrivés ou bien s’ils étaient toujours dans un train quelque part entre Sari et Téhéran. Nous attendrons trois heures pour les récupérer alors que finalement il s’avère qu’ils étaient là depuis le début, seulement ils n’avaient pas été déchargés du wagon. Les gars avaient pourtant tout le temps de siroter le thé et de blablater… Arrivee a Teheran avec les ofoofoEnfin, ça nous aura permis de retrouver Benoît et Miyoung que nous avions vus brièvement à Trabzon. Ils arrivaient en train de Tabriz, mais ont eu moins de chance que nous pour leur vélos, car le câble de dérailleur du vélo de Benoît s’est coupé lors du déchargement (les gars ont tiré comme des bourrins sans chercher à comprendre d’où venait le problème !).  Eux commencent la longue galère des visas, nous venons quant à nous les récupérer si tout va bien ! Nous retournons à notre hôtel où nous retrouvons avec plaisir Léo et Jean-Da qui attendent toujours leur visa indien, puis le lendemain nous récupérons, après un long moment d’attente où on n’a pas compris pourquoi tout le monde nous passait devant, notre visa tadjik. Nos papiers n’avaient pas bougé du bureau en une semaine, et c’est au moment de remplir le visa que le consul les a regardés ! Puis le lendemain, nous récupérons notre visa ouzbek. Nous filons illico-presto à l’ambassade turkmène lancer notre visa de transit que nous récupérerons à Machhad dans trois semaines. Nous pouvons enfin partir voir du pays ! (la suite au prochain numéro…)

EN PRATIQUE

Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de chacune de nos étapes (les prix des hébergements sont pour deux personnes) :

Pour info, un euro valait en avril 2013 environ 43 000 rials iraniens (IRR). Ne changez pas d’argent dans les banques, le taux de change y est fixé par l’état et bien plus bas que le taux de change obtenu dans les bureaux de change ou dans les hôtels (1 € = 16 000 IRR seulement !). A noter aussi que l’inflation en Iran est galopante et que les prix en rials augmentent très vite (mais restent à peu près stables en euro). En quittant l’Iran fin-mai, pour 1€ on pouvait obtenir 45 000 IRR !

Etape 128: Camping 3km au dessus de Dogubayazit (1710m) – Bazargan (Iran, 1455m), 45km, +180m, -435m (inclus 1 A/R en ville en matinée). Nuit à l’hôtel Jafapoor (350 000 IRR pour une chambre double avec salle de bain commune). Le propriétaire est sympathique et change de l’argent (livres turques, euros, dollars) à un taux très honnête.

Etape 129 : Bazargan (1455m) – 75km plus loin sur la route de Tabriz (1100m), 75km, +190m, -545m. Bivouac dans la steppe !

Etape 130 : Bivouac 75km après Bazargan (1100m) – 17km avant Marand (1170m), 106km, +640m, -570m. Col à 1350m. Bivouac à l’aire de services pour routiers (avec douche gratuite !).

Etape 131 : 17km avant Marand (1170m) – 10km avant Tabriz (1370m), 83km, +800m, -600m. Col à 1810m. Bivouac dans un parc face à l’aéroport à l’entrée de la ville.

Etape 132 : 10km avant Tabriz (1370m) – Passenger Park (Tourist Park) de Tabriz (1470m), 16km, +100m, -0m. Bivouac au Passenger Park : c’est une sorte de camping pour voyageurs, gratuit, avec douches (eau chaude sur demande) et WIFI (l’accès internet ne fonctionnait malheureusement pas !).

Etape 133 : Divers A/R en ville à Tabriz (courses, magasin de vélo, gare etc…), 40km, +110m, -210m. Train pour Téhéran : 300 000 IRR par personne, 350 000 IRR pour nos deux vélos (train couchettes, les vélos vont dans le wagon cargo, 13h de trajet).

Téhéran : nous sommes restés à l’hôtel Machhad, rue Amir Kabir, dans le Sud de la ville (300 000 IRR la chambre double avec toilettes communes, WIFI inclus).

Etape 134 : Téhéran (1200m) – Budehen / Rudehen (1765m), 56km, +1050m, -485m. Bivouac dans un espace arboré au carrefour avec la route qui bifurque pour Abali (aucun hôtel en ville !).

Etape 135 : Budehen / Rudehen (1765m) – Col à 2725m – Bivouac 32km après le col (1665m), 55km, +1100m, -1200m. Bivouac dans une ancienne carrière en surplomb de la route.

Etape 136 : Bivouac 32km après le col (1665m) – Fereydun Kenâr (-25m, côte de la mer Caspienne), 123km, +170m, -1810m. Nuit en appart hôtel (500 000 IRR, chambre, cuisine équipée, séjour et sdb à un prix imbattable!).

Etape 137 : Fereydun Kenar (-25m) – Lârim (-15m), 35km, +15m, -5m. Bivouac dans la cour de la mosquée !

Etape 138 : Lârim (-15m) – Sâri (50m), 36km, +70m, -5m. Train de nuit pour Téhéran : 120 000 IRR par personne (6 couchettes par compartiment) + 160 000 pour nos deux vélos (wagon cargo).

Etape 139 : trajets gare de Téhéran– hôtel Machhad puis hôtel Machhad – terminal e Jonub (terminal de bus au Sud de Téhéran), puis trajet terminal de bus de Shiraz – hôtel. 22km, +95m, -75m. A Shiraz, nuit dans un hôtel pour locaux (180 000 IRR la chambre, draps pas propres et sdb commune, mais pour le prix on ne peut pas trop se plaindre ?). Bus de nuit Téhéran – Shiraz : 14h de trajet, nous avons pris le bus VIP (1ère classe) : 350 000 IRR par personne + 100 000 IRR de supplément pour chaque vélo.

Total en Turquie (avec Etape 128) : 1088km et 9015m de dénivelé positif.

  • Pour préparer le voyage en Iran (et bien d’autres pays), le site de Travelling Two est très utile avec une multitude d’infos pratiques (magasins de vélos, coût de la vie, spécialités culinaires, description d’itinéraires, quelle carte routière, prendre le bus avec un vélo, pédaler en tant que femme etc…)

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