Turquie, l’heure du bilan…

Après un mois passé en Turquie, voici donc l’heure du bilan ! Cependant nos impressions ne sont le reflet que de ce nous avons pu voir, soit une mince partie du pays puisque n’avons pas du tout visité la côte méditerranéenne et ses nombreux sites antiques, ni la côte de la mer Noire à part Trabzon, ni même le Sud Est de l’Anatolie et le fameux lac Van.

Ce qui nous a marqué

  • La gentillesse et la simplicité des Turcs. Ils sont abordables, ont le sens de l’hospitalité et sont toujours prêts  à aider même si peu parlent Anglais et qu’on ne parle que trois mots de Turc !
  • Le thé (çay) : la boisson nationale de la Turquie ! Les Turcs en boivent à longueur de journée dans des petits verres en forme de tulipe et on s’en est vu offert de nombreuses fois lors de nos pauses et bivouacs dans les stations essence. Même lorsque l’on déclinait l’offre, on était invariablement servis ! Le thé est en fait cultivé au pied des Monts Kaçkar sur la côte de la Mer Noire.
  • Les Turcs sont de très grands fumeurs (même les femmes) et les lieux publics (restaurants, cybercafés, hôtels…) sont rarement interdits aux fumeurs, ce qui peut devenir pénible. On nous a souvent demandé soit des cigarettes, soit du feu.
  • Le passé riche en histoire du pays. Ca nous change de l’Amérique du Sud où nous n’avions pas vu grand-chose à part les sites incas au Pérou.
  • La quantité de mots qui se prononcent pareil qu’en Français : il semble que les Turcs nous les aient pris en les écrivant avec leur alphabet : ç se prononce tch, ş se prononce ch, ö se prononce eu, u se prononce ou, ü se prononce u, e se prononce é etc… Voici quelques exemples : sosyete, dizayn, kuaför, taksi, otobüs, restoran, duş, lojik, antrepo, manto, pardesü, eşarp, triko, cozmetik, fotokopi, noter, veteriner, gofret, polis, şanpiyon, traktör, kamyon, kardiyoloji, etc…
  • Le nombre de gens qui parlent Allemands ou même Français. A Erzincan on a rencontré beaucoup d’hommes qui avaient travaillé en France (usine Peugeot de Besançon, et même à Eurocopter où travaille Vincent !)et sont maintenant de retour au pays.
  • Le peu de femmes dans les rues dans l’Est de la Turquie. On y voyait par contre beaucoup d’hommes assis à la terrasse des cafés, occupés à fumer, discuter, jouer et siroter le thé !
  • Les bus sont d’un rapport qualité/prix imbattable : ils sont hyper modernes et confortables avec écran individuel dans le siège comme dans les avions, et avec un steward qui sert régulièrement boissons fraîches et thé ! Malheureusement pour nous, tous les programmes sont en Turc, mais on arrivait quand même à suivre les dessins animés !
  • Les Renault 12 ! On en a vu de nombreuses toujours en état de marche et bien entretenues.
  • Les campings sont en fait souvent plus des aires de pique-nique populaires auprès des locaux que des lieux où l’on plante la tente.
  • Les tulipes, les oliviers et les cerisiers sont tous originaires de Turquie ! la Tulipe fût exportée dans le reste de l’Europe sous l’empire ottoman, l’olivier quant à lui fût répandu par les Romains, et quant à la cerise, il existe même dans certaines villes des fêtes en son honneur avec dégustations, concours etc…

Meilleurs & pires moments 

  • Meilleurs moments : l’invitation spontanée à un concert privé à Bursa, et le fait d’être toujours très bien accueillis dans les stations essence, que ce soit pour une simple pause pipi, pour se ravitailler en eau, ou bien pour bivouaquer.
  • Pires moments : la journée de pluie continue où nous avons débarqué trempés et frigorifiés malgré nos vêtements goretex dans le restaurant d’une station service. Il nous restait seulement une dizaine de kilomètres à faire, mais nous étions déjà à la limite de l’hypothermie.

Sur la route

  • Lors de nos quelques jours en France avant de s’envoler vers la Turquie nous avons fait faire une bonne révision aux vélos : changement des câbles et gaines de frein et de dérailleur, changement des patins de freins usés, dévoilage des roues et nouveau pneus (les anciens étaient encore en très bon état mais comme on n’en porte pas de rechange, on a préféré repartir avec des neufs). La Turquie aura vu notre première crevaison après plus de 7000km (pneu avant d’Angélique). Vincent a donc du sortir les rustines pour la première fois du voyage !
  • Côté circulation, on n’a pas eu de problème : les routes sont récentes, larges et traversent les cols à 2000m en 2×2 voies. Nous avons ainsi beaucoup roulé sur des 4 voies où il y avait peu (voire très très peu) de circulation (on se demandait souvent l’intérêt des 4 voies) et où nous étions en sécurité sur la large bande d’arrêt d’urgence, mais même une fois sur les routes plus étroites, on ne nous a jamais trop serrés. Les chauffeurs de camions se montraient patients et attendaient qu’il n’y ait rien en face pour doubler. En ville, on faisait un peu plus attention car la notion de priorité nous est parue incompréhensible, mais rien à voir avec l’Argentine ou le Pérou !
  • Les chiens : on avait lu de se méfier des Sivas Kangal, des gros chiens de berger que l’on voit fréquemment dans les montagnes et dans la steppe. Certains portent encore un gros collier à pointes qui servait traditionnellement à les protéger des attaques de loups. Mais on n’a pas été plus embêtés qu’ailleurs : ils aboient souvent, nous poursuivent parfois, mais il suffit de s’arrêter et de crier un bon coup pour qu’ils s’en aillent.

Nourriture

  • On a super bien mangé en Turquie ! Ils ont du bon pain (notre préféré est la grosse boule de près d’1kg qui s’appelle Trabzon), une variété de tablettes de chocolat comme on n’en avait encore jamais vu au cours du voyage (à la pistache, à l’orange, aux noisettes etc…), de la vraie confiture (sans eau ni épaississant contrairement au Chili !), même du Nutella, du bon fromage (de la feta, du kiri etc…), et de bons fruits et légumes (des oranges énormes et délicieuses, déjà de bonnes fraises, des courgettes et aubergines avec lesquelles on se faisait des bonnes sauces, miam !).
  • On a pu tester le petit déjeuner traditionnel turc (kahvalti) à l’hôtel et c’est un régal : du thé noir ou à la pomme (ou café), du pain, de la feta, des olives, des tomates, concombres, oranges, des œufs durs, et du beurre et de la confiture. C’est copieux, équilibré et ça nous cale jusqu’à midi !
  • La Turquie est universellement connue pour la qualité de ses kebabs (viande cuite à la broche, en principe de l’agneau), mais il y a d’autres spécialités que nous avons goutées et qui valent le coup : la pide est une sorte de pizza allongée qui est proposée en plein de versions différentes (il y a même des pide végétariennes), la gözleme est une sorte de grande crêpe fourrée (aux pommes de terre & épinard, au fromage, et même au Nutella !), et le börek est une sorte de friand aux légumes ou au fromage. Au restaurant les plats sont souvent accompagnés d’une boisson à base de yaourt (ayran).
  • Et puis bien sûr il y a les desserts ! Des loukoums de toutes sortes, des pâtisseries toutes plus appétissantes les unes que les autres (façon bûches de Noël, éclairs ou profiteroles), et des flans délicieux (au chocolat et à la pistache, recouverts de fruits ou de noix, miam !). Avec tout ça on était même étonnés de ne pas voir de Turcs obèses !

Environnement & Développement durable

Côté conscience environnementale, il reste des progrès à faire puisque les bords de route, les rivières et les lieux fréquentés par les pique-niqueurs sont souvent jonchés de déchets !

Dans de nombreuses régions la Turquie doit faire face à un grave problème d’érosion des sols accéléré par le manque de végétation en montagne. Néanmoins ces dernières années de nombreuses campagnes de reboisement ont été entreprises et on a vu souvent de jeunes arbres plantés le long des routes dans l’Est de la Turquie.

Côté énergie, la Turquie vise à réduire sa dépendance énergétique et est devenu l’un des principaux constructeurs mondiaux de barrages (il y en a plus de 650 rien que dans la région de la mer Noire). Le projet GAP dans l’Anatolie du Sud Est a récemment supervisé la construction d’une vingtaine de barrages sur le Tigre et l’Euphrate, menaçant l’équilibre politique avec l’Irak et la Syrie pour qui cette eau est une ressource vitale. De plus de nombreux sites archéologiques ont été engloutis. La construction de trois centrales nucléaires est également en projet depuis plusieurs années malgré l’opposition des habitants et la récente catastrophe de Fukushima (la Turquie est elle aussi très vulnérable au risque sismique).

Même dans les régions arides les gens semblent tout laver à grande eau sans soucis d’économie. A Dogubayazit, les pompiers passent régulièrement dans les rues pour les asperger d’eau (pour plaquer la poussière au sol ?) et on ne comprend pas bien l’intérêt. Les petits marchands ambulants lancent de l’eau autour de leur stand, les commerçants devant leur entrée, et les stations services nettoient les toilettes à coups de grands seaux d’eau.

EN PRATIQUE

Dates : du 8 mars 2013 au 11 avril 2013, soit 33 nuits dans le pays. 17,5 jours de vélo. 1 jour de randonnée en Cappadoce et plusieurs jours de visites de sites historiques.

 Hébergement : nuits en hôtels : 14, nuits au camping : 8, nuits en bivouac : 10, nuit chez l’habitant : 1.

Budget : 21,5 € (50 TL) par jour et par personne, comprenant nourriture, hébergement, visites des sites historiques, trajets en bus, cybercafé, mais sans compter les visas iraniens (75€ par personne). Prix d’une chambre double en hôtel : de 35 à 100 TL (le plus cher à Istanbul, le moins cher à Trabzon). Prix du camping pour deux personnes et une tente : de 20 à 25 TL. D’une manière générale, plus l’on va vers l’Est, plus les prix diminuent.

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5 réflexions sur “Turquie, l’heure du bilan…

  1. moreaux

    bonne continuation ,c est un plaisir de lire votre séjour en Turquie.pour tout dire j avais décidé de vs suivre par mail et j ai oublié…mais maintenant plus d oubie!!!une ensuenne

  2. lavigne-connault

    Je vous suis depuis votre départ et c’est un vrai plaisir de voyager avec vous derrière mon écran. Merci pour tous ces témoignages photographiques et épistolaires, grâce à vous je suis déjà sur mon vélo (départ prévu le 1er avril 14 avec Joël)…les bons trucs et les tuyaux sont vraiment les bienvenus. Bon courage en Iran surtout pour toi Angélique et au plaisir de vous lire encore, bravo pour votre entrain, vous êtes un couple adorable : (Irène 56 balais)

    • Merci Irène. On voit que vous nous suivez assidument en effet, on est heureux que nos infos puissent vous aider! Tout se passe bien en Iran jusqu’à maintenant et pas encore de grosses chaleurs. On suivra votre périple à notre retour. Pour combien de temps comptez vous partir?

      • lavigne-connault

        Bonjour Angélique, bonjour Vincent,
        Nous comptons partir le 1er avril 2014,…non ce n’est pas une blague !!! avec le printemps quoi, enfin on voudrait du soleil et pas de pluie le jour du départ…..c’est pas gagné en Bretagne !!!
        Bonne traversée de l’Iran à bientôt de vos nouvelles

  3. Dolmen

    Je vous souhaite un bon voyage et merci de nous faire rêver.

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