Argentine, l’heure du bilan…

Après 5 semaines 1/2 passées en Argentine, voici donc l’heure du bilan ! Cependant nos impressions ne sont le reflet que de ce nous avons pu voir, soit une bien mince partie du pays puisque avons traversé le Nord Ouest du pays et la Patagonie uniquement.

Ce qui nous a marqué

  • La première chose qui frappe en arrivant en Argentine, c’est l’accent des Argentins ! Soudain on ne comprend plus rien alors que la langue est la même. Ceux-ci remplacent en effet les sons ll (lieu) ou y (ieu) par le son ch (che). Ainsi on nous explique à Salta que pour prendre la route pour Cafachate (comprendre Cafayate), il faut suivre la cache que se chama… (comprendre la calle que se llama…). Pas évident au début, mais à la longue on s’y fait.
  • Le maté : la boisson nationale de l’Argentine ! Les argentins consomment cette infusion à longueur de journée et ne se déplace nulle part sans leur petite calebasse et un thermos d’eau chaude. L’herbe à maté est placée en grande quantité dans la calebasse, puis ils y ajoutent l’eau chaude. Ils la boivent à l’aide d’une « paille » métallique. On peut croire de loin qu’ils fument la pipe.
  • Les Argentins sont des grands amateurs des vacances au camping, et comme nous y arrivons en début d’été, on en profite ! La qualité des installations est cependant très disparate et n’est en rien reflétée par le prix ! On a ainsi payé le camping de Bariloche en Patagonie plus de trois fois plus cher que celui d’Aimacha d’El Valle dans le Nord Ouest de l’Argentine, alors que ce dernier possédait une piscine !
  • Les Argentins sont aussi des grands amateurs de barbecue (le fameux asado), et comme les Espagnols, ils mangent très tard et se couche donc très tard ! Chaque emplacement au camping à son barbecue, et comme l’électricité est souvent fournie, on a le droit à la musique et la lumière jusqu’à 3h du matin ! En WE au camping, il est donc impossible de dormir sans des bouchons d’oreilles et un masque sur les yeux!
  • Les Argentins sont accros au fil de fer barbelé ! Chaque propriété privée est clôturée, et même lorsque l’on pédale en pleine steppe patagonienne où il n’y a rien (pas un champ cultivé, ni de moutons ni de maisons sur 100km), tous les bords de route sont clôturés ! Quel gaspillage, on imagine la quantité d’arbres abattus pour fabriquer les piquets, mais surtout on est écœurés par les dégâts qu’ils posent sur la faune sauvage : les guanacos (cousins sauvages des lamas) doivent ainsi sauter par-dessus des barbelés d’1m50 de haut pour traverser une route, et quand ils se loupent, ils sont incapables de se libérer. On imagine qu’ils doivent mourir dans d’atroces souffrances. Les nandous (sorte de petites autruches) quand à eux doivent se faufiler par-dessous les grillages dans de rares brèches. On en a ainsi vus apeurés par notre arrivée qui cherchaient à s’échapper en passant dans les barbelés : ils ont dû longer la clôture sur des centaines de mètres avant de pouvoir passer de l’autre côté.
  • Les jeunes Argentins voyagent beaucoup avec leur sac à dos pendant les vacances d’été, en bus ou en stop. Ils sont aussi nombreux à voyager à vélos, souvent avec des sacoches et porte-bagages bricolés.
  • En Argentine, les jeunes femmes sont sexy ! Ca change de la Bolivie où les multiples jupons superposés ne mettaient guère en valeur les jeunes mamans de 18 ans… On redécouvre aussi que les filles ont le droit de conduire des voitures et des scooters.
  • Le contraste entre le coût de la vie dans les villes du Nord Ouest du pays et les villes touristiques de Patagonie. Alors que les prix dans le Nord du pays sont à peine supérieurs à ceux pratiqués en Bolivie, en arrivant en Patagonie, on retrouve des prix similaires à ceux d’Europe (soit des prix 2 à 3 fois plus chers).
  • On a un peu l’impression d’être de retour en France : grands supermarchés (Carrefour est même présent jusqu’à Ushuaia), nombreuses voitures de marque française (on a même croisé des 2 CV), restos et bars avec terrasses, et du bon pain et du bon vin ! Finis les marchants ambulants dans la rue ou les petits micros qui font le taxi!
  • Le réseau ferroviaire étant peu développé en Argentine (comme dans tous les autres pays qu’on a traversés d’ailleurs), le moyen de locomotion le plus couramment utilisé est le bus. Mais comme les distances sont grandes (et donc les trajets très longs), il faut des bus confortables. On ne trouve donc presque que des bus cama ou semi cama (bus couchettes), et comme dans les avions, un steward est à bord pour vous servir vos plateaux repas. Le chauffeur est d’ailleurs habillé comme un pilote d’avion !

Meilleurs & pires moments 

  • Meilleurs moments : le panorama grandiose depuis le sommet du Cerro Lopez au dessus de Bariloche, la vue dégagée sur le Fitz Roy au dessus d’El Chaltén, et les retrouvailles imprévisibles avec Philippe sur la route des 7 lacs et à Rio Grande.
  • Pires moments : les chauffeurs de bus qui manquent de nous écraser à plusieurs reprises (voir plus bas), et la journée de pluie où nous sommes arrivés  trempés et frigorifiés juste avant le poste frontière du Paso Hua Hum.

Contact avec les gens

Les Argentins sont en général moins « envahissants » que les Boliviens et Péruviens. On peut s’arrêter dans la rue sans qu’un attroupement se forme et on apprécie de ne pas être systématiquement interrogés sur nos vélos bizarres. Par contre sur la route, on a trouvé les Argentins moins bien élevés : ils nous doublent et quand ils remarquent que nos vélos sont inhabituels, ils n’hésitent pas à s’arrêter et à sortir l’appareil photo. Ils nous mitraillent sans même nous dire bonjour, et quand le même scenario se répète plusieurs fois par jour, on a l’impression qu’ils nous prennent pour des bêtes de zoo. On les trouve donc plutôt sans gêne car de notre côté on ne se permettrait pas de photographier des gens de manière aussi indiscrète sans leur demander gentiment d’abord. Ceci dit, il y en a quand même certains qui demandent et qui nous encouragent.

Sur la route

Toujours aucune crevaison ! Mais nous avons quand même fini par bousiller nos patins de freins : en une journée de pluie sur piste, ils se sont plus usés que sur les 4000km précédents ! Les grains de sable collaient en effet à la jante et ceux-ci, très abrasifs, ont achevé la gomme des freins. Puis à El Chaltén, Vincent à dû changer son câble de dérailleur (après 5600km).

Sur la routeCôté circulation, nous n’avons eu aucun souci dans le Nord Ouest de l’Argentine : peu de trafic et nous avions souvent une « bande d’arrêt d’urgence » sur le côté où nous pouvions rouler tranquilles. Tout change lorsque nous arrivons à Bariloche : les routes sont étroites et archi-encombrées : les bus n’hésitent pas à nous doubler même si une voiture arrive en face et nous frôlent à chaque fois. On n’en revient pas de leur culot et de leur irrespect total pour les cyclistes ! Ils sont tellement dangereux qu’Angélique, à bout de nerf, décide de leur bloquer le passage en roulant carrément au milieu de la voie quand des véhicules arrivent en face : ils seront obligés de freiner pour une fois (ils ne nous rouleraient quand même pas dessus exprès!). Ca marche avec certains, mais d’autres ne peuvent s’empêcher de klaxonner pour qu’Angélique dégage de la route. Alors Angélique ne lâche pas et leur fait comprendre d’aller se faire voir avec un doigt d’honneur qu’ils auront bien mérité. Vincent quant à lui se dit qu’on aura beau essayer, on ne changera pas les mentalités, et préfère rouler sur le bas côté caillouteux et défoncé. Pour Angélique, rouler sur le bas côté signifie donner raison à ces chauffards, et elle ne peut l’accepter, décidée à, pour une fois, leur donner une bonne leçon. Autant dire que le comportement assassin des Argentins au volant sera source de nombreuses prises de tête en Angélique et Vincent. Vincent à l’impression qu’Angélique déraille et fait n’importe quoi, alors qu’Angélique n’accepte pas qu’on lui refuse son droit à pédaler sur la route.

Si vous prenez le bus avec vos vélos, faites attention au supplément bagages et insistez pour avoir une facture, car si des compagnies ont des tarifs officiels, ce n’est pas toujours le cas et on vous dira juste de « voir avec le chauffeur ». On s’est fait avoir en prenant le bus pour Bariloche où nous avons dû payer 500 pesos pour nos deux vélos à l’assistant qui charge les bagages en soute, sans pouvoir faire descendre le prix plus car le chauffeur était pressé.  A l’arrivée, nous avons vu au bureau de la compagnie de bus que le prix officiel par vélo était de 50 pesos. Nous étions dégoutés, mais sans facture, impossible de réclamer.

Nourriture

Boulangerie PâtisserieEnfin en Argentine on retrouve des boulangeries dignes de ce nom, avec du pain qui ressemble à quelque chose, mais surtout avec des viennoiseries délicieuses ! Ces petites merveilles sont appelées facturas et comprennent des croissants, pains aux raisins, et diverses viennoiseries à la crème, à la confiture, ou encore au dulce de leche (sorte de caramel à base de lait et de sucre typique de l’Argentine). Autant dire qu’après 3 mois ½ en Equateur, Pérou et Bolivie où le pain était rarement bon et les viennoiseries inexistantes, nous avons dévalisé la première boulangerie argentine rencontrée !

Dans les boulangeries, et même parfois au rayon plats préparés des supermarchés, on trouve aussi une autre spécialité argentine : les empanadas. Il s’agit de tourtes fourrées à la viande, au poulet, au fromage ou aux légumes, cuites au four ou bien frites. Et c’est délicieux !

Autre bonne nouvelle : on trouve enfin de la variété dans les fromages, et même du saucisson ! Pour le reste de la charcuterie, il n’y pas de quoi sauter de joie quand même, on ne trouve pas de jambon de qualité et leur mortadelle ou salami ne font pas vraiment envie.

Environnement & Développement durable

Enfin les bords de route sont (presque) propres !

Les parcs nationaux tentent de sensibiliser au maximum le publique sur l’environnement : il existe des consignes très strictes afin de maintenir la qualité de l’eau des ruisseaux et de minimiser son impact sur l’environnement : camper seulement dans les emplacements autorisés, redescendre tous ses déchets, ne pas se laver dans les rivières etc…

Côté énergie, nous avons vu de nombreux barrages dans la région de Salta au Nord Ouest de l’Argentine : les lacs sont très prisés des locaux et des touristes qui y affluent en été pour se baigner et pratiquer divers sports nautiques.

Le Sud de la Patagonie et la Terre de Feu sont des régions riches en ressources gazières et pétrolières. Ainsi le gaz à Ushuaia ne coûte presque rien, et les habitants surchauffent allègrement leurs maisons, même en été ! Ils laissent aussi le feu de la gazinière allumé en permanence même quand il n’y a rien dessus : c’est vrai que c’est fatiguant de le rallumer à chaque fois qu’on veut faire chauffer de l’eau pour le maté 🙂 !

EN PRATIQUE

Dates : du 15 décembre 2012 au 6 janvier 2013, puis du 9 au 14 février et du 19 au 27 février, soit 38 nuits dans le pays. 26,5 jours de vélo. 2 jours de randonnée : dans le parc national Nahuel Huapi et le parc national Los Glaciares.

Hébergement : nuits en hôtels : 7, nuits au camping : 19, nuits en bivouac : 7, nuits chez l’habitant : 3 (boulangerie, bivouacs à la ferme), 1 nuit chez les douaniers et 1 nuit chez la Protection Civile.

Budget : 22,6 € (29,3 US$ ou 148,5 pesos) par jour et par personne, comprenant nourriture, hébergement, , trajets en bus, traversées en bateau, taxes d’aéroport etc…. Prix d’une chambre double en hôtel : de 90 à 250 pesos. Prix du camping pour deux personnes et une tente : de 20 à 130 pesos. D’une manière générale, plus l’on va vers le Sud, plus les prix augmentent.

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Catégories : Argentine | Étiquettes : , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Argentine, l’heure du bilan…

  1. Bravo Angélique d’avoir si fortement défendu le droit de rouler contre ces irrespectueux chauffards

  2. j’adore ce bilan, ça me rappelle complètement mes voyages là-bas, mention spéciale au patisseries et au famueux maté, délicieux! 😉

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