Merveilles et richesses du Sud Lipez

D’Uyuni, nous avions comme projet de visiter le Sud Lipez, cette région de lagunes et de volcans qui jouxte le Chili, au Sud Ouest de la Bolivie. Certains cyclotouristes s’y attaquent à vélo, prêts à défier les pistes ensablées et les cols à près de 5000m. Ayant lu les récits de plusieurs cyclos ayant galéré à pousser le vélo pendant des heures (voire jours), et au vu du peu de lieux de ravitaillement en eau et nourriture, nous avions déjà éliminé cet itinéraire de notre voyage. Les paysages sont cependant réputés magnifiques et nous ne voulions pas les louper.

Salar d'Uyuni en 4x4De nombreuses agences de voyage à Uyuni proposent des circuits en jeep de 3 jours à travers le salar et le Sud Lipez. Ayant déjà visité le salar, nous aurions aimé nous concentrer sur le Sud Lipez, et si possible, grimper le Licancabur, un volcan de 5916m situé à la frontière chilienne, dont l’ascension est réputée facile grâce à l’aridité du climat qui fait que le sommet est rarement couvert de neige. Mais les clients intéressés pour faire ce genre de circuit sont rares, si bien qu’à deux il nous en aurait couté 700 euros pour 4 jours ! Du coup, tant pis, on s’est finalement entassés à 6 dans une jeep pour le tour de 3 jours classique, pour un prix bien plus abordable de 700 bolivianos par personne (soit 80 euros) tout compris (transport, nourriture et hébergement).

Cimetière des trainsLa première journée du circuit commence par la visite du « cimetière des trains » à quelques kilomètres au Sud d’Uyuni : les plus anciens trains de Bolivie (venus par bateaux depuis l’Angleterre pour la plupart !) y sont à l’abandon, couverts de rouille. Jadis ils servaient à transporter l’argent et autres minerais issus des nombreuses mines de la région jusqu’au port d’Antofagasta (alors en Bolivie, aujourd’hui au Chili), d’où le minerai partait vers l’Europe. Aujourd’hui les vieilles locomotives à vapeur sont devenues une attraction touristique majeure, si bien que l’on n’a jamais terminé de démanteler les trains pour récupérer le métal. On y a même installé quelques balançoires entre les wagons : l’ambiance y est étrange quand celles-ci se balancent et grincent sous l’effet du vent…

Le reste de la journée sera consacrée exclusivement au salar : zut, nous qui étions fières de l’avoir traversé à vélo loin des hordes de touristes, nous nous retrouvons en plein milieu de ceux-ci, avec des dizaines de jeeps ! On revisite la zone exploitée artisanalement, puis nous voilà de nouveau sur l’île Incahuasi ! Il y a du nouveau cependant : suite au violent orage de la veille, le salar est recouvert de 5 cm d’eau ! Et le désert de sel se transforme en miroir géant : on peine à distinguer où commence le ciel, et on a l’impression de naviguer (au sens premier) en jeep ! Sublime ! On ne regrettera finalement pas d’y être retourné ! Pour terminer la journée nous passerons la nuit dans un charmant hôtel de sel : les murs, tables, chaises et lits sont construits avec des blocs de sel, et le sol est en « graviers de sel » !

Miroir géant sur le salar

Flamants rosesChangement d’ambiance les deux prochains jours : nous enchainons les points de vues sur des lagunes peuplées de flamants roses et autres oiseaux aux allures de mouettes. Certaines sont rouges grâces à des microorganismes (comme le phytoplancton qui sert de nourriture aux flamants roses), d’autres vertes ou bien laiteuses en fonction des minéraux qu’elles contiennent. A la Laguna Caňapa, alors que nous faisons la pause pique-nique, on voit débarquer un cyclo-voyageur avec des sacoches rouges : c’est Philippe ! On s’était vus plusieurs fois sur la route pour Salinas avant de traverser le salar et il nous avait parlé de son projet de traverser le Sud Lipez. On n’en revient pas de se retrouver là ! Il nous confirme qu’il s’agit des pistes les plus dures qu’il ait faites à vélo. Il a l’air fatigué, et ses réserves de nourritures sont à sec : on le ravitaille en pain et en oranges, de quoi tenir jusqu’au prochain hôtel. Nous le quittons, vraiment impressionnés par son courage : pas une fois durant ses deux jours avons-nous regretté de ne pas être venus à vélo.

Laguna Colorada

Geysers et fumerollesPlus nombreux que les lagunes, il y a des volcans : présents de chaque coté que l’on regarde, et certains dépassant les 6000m. Chose inhabituelle, suite aux orages des derniers jours ils sont saupoudrés de neige : de la neige en plein désert, le contraste est énorme ! L’activité volcanique à largement contribué à façonner la paysage : désert de pierre ponce, roches volcaniques érodées en formes improbables, telle « l’Arbre de Pierre », geysers et fumerolles (une usine est en projet pour convertir l’énergie géothermale en électricité pour Uyuni), sources hydrothermales (la plupart des lagunes, alimentées par des sources chaudes, ne gèlent jamais l’hiver, même par des températures de -20°C), mais aussi les salars !

Les salars d’Uyuni et de Coipasa, ainsi que les lacs Poopó et Uru Uru plus au Nord, étaient jadis recouverts par un lac géant : le Lac Minchin. Il y a 40 000 ans, le lac était alimenté par les eaux de pluies ravinant les pentes des volcans ; celles-ci se chargeaient alors en minéraux divers : zinc, plomb, bore, lithium, argent, potassium, sodium etc… Il y a 10 000 ans le climat devient plus sec, l’évaporation augmente alors que l’arrivée d’eau dans le lac diminue : les sels précipitent. On doit donc aux volcans l’extraordinaire richesse en minerai de la Bolivie. Le salar d’Uyuni contiendrait à lui seul la moitié des réserves mondiales de lithium (utilisé dans les batteries électriques). Sur le chemin du retour, nous passerons près d’un petit salar exploité industriellement : le potassium est exploité pour servir d’engrais, le bore est utilisé en métallurgie et dans l’industrie du verre, et les sels de sodium ont de nombreux usages dans l’industrie chimique. Nous passerons aussi à proximité de la mine de San Cristobal, 3ème producteur mondial d’argent !

ViscachasCette région aux allures inhospitalière n’est pourtant pas déserte : outre les flamants roses, on y trouve vigognes, viscachas (sorte de lapin – kangurou), et des plantes typiques de ces hautes altitudes : la llareta ou « plante en coussin » (du fait qu’elle semble recouvrir une roche). Sa croissance est très lente : 3mm par an, et elle est occasionnellement utilisée par les locaux comme combustible.

Nous reviendrons à Uyuni émerveillés par la singularité des paysages du Sud Lipez, ainsi que par son extraordinaire richesse.

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