La Paz – Uyuni : mirages, tôle ondulée et désert de sel !

Mirages sur l’altiplano

Le 29 novembre nous quittons La Paz en bus pour Oruro. Aucun regret, la route est en travaux et dangereuse, et le paysage est plutôt moche. On s’installe dans un petit residencial, puis on file au resto goûter ce qui semble être la spécialité du coin : un bon steak grillé ! Des barbecues géants sont installés sur le trottoir à l’entrée de chaque churrasqueria, Vincent n’a pu résister, et Angélique qui n’est pas très « viandivore » a apprécié aussi ! Il faut bien prendre des force pour les quelques jours de vélo qui nous attendent jusqu’à Uyuni.

Mirages sur l'altiplanoLe lendemain nous voilà donc partis plein Sud sur l’altiplano, toujours aussi sec et désert. Les quelques villages sont entourés de champs de pommes de terre, avec ici et là quelques vaches. On se demande d’ailleurs ce qu’elles y trouvent à manger. La lumière est intense et il fait très chaud en journée, si bien que les mirages ne tardent pas à apparaître: les montagnes se transforment en îles et semblent flotter sur un lac recouvrant l’horizon. Pourtant rien, il n’y a pas d’eau ici… Il devient de plus impossible d’estimer les distances : un village à l’horizon semblant être à trois kilomètres se révèle être trois fois plus loin !

135 km entre tôle ondulée, sable et une pure section de VTT !

Piste pour Salinas

Challapata est le dernier gros point de ravitaillement avant Uyuni. Nous quittons en effet la route principale menant à Potosi pour celle menant au Nord du Salar d’Uyuni par Salinas de Garci Mendoza. On en repart donc avec de la nourriture pour cinq jours, car d’après ce que nous avons lu ensuite on ne trouve pas grand-chose à part des biscuits. Nous remplissons nos sacoches de sachets de purée, lait en poudre, nouilles, pain, confiture, cakes aux fruits, céréales etc… Nous n’avons jamais roulé aussi chargés ! Cinquante kilomètres plus loin, juste après Quillacas, nous quittons le goudron et disons bonjour à la piste ! La route menant à Salinas est en construction et devrait, un jour, être complètement goudronnée. Les travaux semblent cependant avancer à une vitesse de tortue : aucun pont n’est terminé, les tas de terre et graviers sont au bord de la route depuis si longtemps qu’ils sont déjà couverts d’herbe, et le temps que la surface soit goudronnée, la route sera à refaire, car « défoncée » par le passage des poids lourds et des bus : voilà la fameuse tôle ondulée tant redoutée des cyclistes ! Les derniers 40 km avant Salinas seront particulièrement difficiles : on fait du 8 km/h sur du plat tellement la route est abîmée !

On galère dans le sable, face au volcan ThunupaSalinas n’est plus qu’à une quarantaine de kilomètres du salar. Deux routes y mènent : l’une contourne le volcan Thunupa par l’Est, mais la piste inondable se transforme en terrain de boue en cas d’orage ; et l’autre contourne le volcan par l’Ouest, par une piste soit disant digne d’un parcours de VTT. Le temps tournant à l’orage systématiquement chaque soir, avec pour agrémenter le tout, de fréquentes tornades et tempêtes de sable, nous préférons ne pas prendre le risque de nous embourber dans les « mud flats » à l’Est du volcan, et optons pour la piste version VTT ! Tout va bien les quinze premiers kilomètres, peu de sable et de tôle ondulée, et on roule bien. Les choses se gâtent après le village d’Irpani : la piste est couverte d’une épaisse couche de sable. Vincent passe en force, Angélique pousse. Puis vient la section « côtes avec passage à 15% et gros cailloux en travers de la route » : Vincent retrouve ses sensations de VTT dans les Calanques, et Angélique s’en sort plutôt bien, l’équilibre sur un vélo couché chargé s’étant peaufiné depuis la piste du Caňon del Pato au Pérou. La récompense arrive au sommet de la côte dominant le village de Tahua : le fameux Salar d’Uyuni est sous nos yeux et nous sommes tout excités à l’idée de traverser à vélo ce grand désert blanc !

On roule sur le plus grand désert de sel du monde !

On roule sur l'immensité du Salar d'Uyuni

Coucher de soleil sur l'île IncahuasiOn s’élance donc sur le salar l’après-midi même, avec pour objectif l’île Incahuasi située à 37km plein Sud. Rien face à nous au départ à part l’immensité blanche du désert, puisque le sommet de l’île n’apparait qu’après une dizaine de kilomètres.  Pas de risque de se perdre cependant : le salar est parcouru par de nombreux 4×4 pour touristes, et l’île est une étape obligée. Nous n’avons donc qu’à suivre leurs traces ! Le seul bruit à part le vent est celui du sel qui craque sous nos roues, et nous enchainons les films et photos. Une fois sur l’île nous installons la tente en vitesse, puis nous gravissons le sentier qui mène à son sommet. Plus aucun touriste sur l’île à cette heure-ci puisque tous les 4×4 sont repartis, nous profiterons donc seuls d’un superbe coucher de soleil parmi les cactus géants typiques de l’île !

Exploitation du salar à la mainLe lendemain matin par contre l’île est prise d’assaut par des hordes de touristes venus assister au lever du soleil ! Comme on était bien hier soir ! Du coup nous nous levons de bonne heure et fuyons au plus vite. Nous mettons le cap à l’Est pour sortir du salar à Colchani 75 km plus loin. Nous avons l’embarras du choix tant il y a de traces de 4×4 en parallèle ! Peu avant la sortie nous traversons la zone exploitée : le sel à la surface est extrait de façon artisanale à la pioche et à la pelle ! Un vrai travail de titan, mais le seul qui préserve véritablement le salar. Le sel riche en lithium attire en effet la convoitise de nombreuses multinationales, mais jusque là le gouvernement bolivien résiste. Ce n’est pas le cas côté chilien, où plusieurs salars, comme le Salar de Surire par exemple, sont exploités industriellement. La quantité de sel extraite annuellement du Salar d’Uyuni est de 25 000 tonnes, une broutille sur les 10 milliards de tonnes que contiennent les 10582 km2 du salar.

Une fois à Colchani, vingt de kilomètres de piste (ou plutôt de tôle ondulée) nous attendent jusqu’à Uyuni. On y retrouve avec plaisir Aran et Andrew, un couple de cyclos américains rencontrés à la casa de ciclistas de Trujillo au Pérou. Ils terminent bientôt leur voyage après plus d’un an de vélo. Nous partageons nos dernières aventures autour d’une bonne et énorme pizza : nous l’aurons bien méritée après ces six jours de vélos !

Au programme les prochains jours : excursion en 4×4 dans le Sud Lipez !

EN PRATIQUE

Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de chacune de nos étapes :

Etape 44 : Oruro (3760m) – 8km avant Pazña (3600m), 81km, +235m, -395m. Bivouac au milieu de l’altiplano !

Etape 45 : 8km avant Pazña (3600m) – 4km après Quillacas (3670m), 102km, +270m, -220m. Bivouac.

Etape 46 : 4km après Quillacas (3670m) – 4km après le cratère de Jayu Outa (3670m), 61km, +350m, -350m. Bivouac.

Etape 47 : 4km après le cratère de Jayu Outa (3670m) – 12km après Salinas de Garci Mendoza (3690m), 45km, +300m, -280m. Bivouac.

Etape 48 : 12km après Salinas de Garci Mendoza (3690m) – Isla Incahuasi (3660m), 62km, +340m, -310m. Bivouac (inclus dans le prix d’entrée de l’île, soit 30 bolivianos par personne).

Etape 49 : Isla Incahuasi (3660m) – Uyuni (3680m), 98km, +70m, -50m. Nuit à l’hostal (60 bolivianos)

Total depuis Quito : 2791km et 30530m de dénivelé positif.

Total en Bolivie : 619km et 3145m de dénivelé positif.

  • Pour les profils altitude / distance de certaines routes en Bolivie, voir les sites http://sekiji.net/ et www.panamerica.ch
  • Pour des infos générales sur la Bolivie pour les cyclotouristes, voir le site www.tour.tk. Pour ceux qui préparent la traversée du Salar d’Uyuni et du Sud Lipez, télécharger absolument leur PDF « Cycling-southwest-bolivia ».

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Catégories : Bolivie | Étiquettes : , , , , , , , , | 3 Commentaires

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3 réflexions sur “La Paz – Uyuni : mirages, tôle ondulée et désert de sel !

  1. Ah ! Le Salar d’Uyuni ça nous rappelle des souvenirs… Bonne découverte du Sud Lipez.
    Sinon pour la conduite à l’envers, on s’y habitue. Ça fait bizarre les premiers kilomètres, on cherche la boîte de vitesse dans le vide poche de la portière au début 🙂
    Gros bisous à tous les deux et bonne route !

  2. remy

    Joyeux Noël à vous deux !

    Vous continuez votre descente en Amérique du Sud jusqu’à où et quand finalement ?

    • Salut Remy!
      On vient d’arriver a Bariloche; apres 35h de bus depuis Tucuman! On avait bien trop chaud là-haut, et on a que jusqu’à fin fevrier pour arriver à Ushuaia, un petit saut en bus s’imposait alors! On est un peu en retard sur le blog, on va prendre quelques jours de repos pour le mettre à jour avant de partir découvrir la région des lacs et d’enchainer sur la carretera austral. Et vous, ou en êtes vous de votre voyage?

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