Pérou, l’heure du bilan…

Après un mois et demi passé au Pérou, voici donc l’heure du bilan ! Cependant nos impressions ne sont le reflet que de ce nous avons pu voir, soit une bien mince partie du pays qui il faut le rappeler est deux fois plus grand que la France ! Nous n’avons par exemple pas mis les pieds en Amazonie, qui couvre pourtant la moitié de la superficie du pays.

Ce qui nous a marqué

  • Chaque ville ou village a sa Plaza de Armas (place d’armes) qui marque le centre ville : elle est souvent carrée, fleurie et bien entretenue, avec des poubelles à disposition. Au début on demandait « el centro de la ciudad » pour arriver au centre ville, mais les gens nous regardaient avec des yeux ronds. Il faut en fait demander la Plaza de Armas !
  • Transports collectifs : en plus des bus et des taxis, on a traversé des villes ne fonctionnant qu’avec des moto-taxi à 3 roues, sortes de « touk-touk » semblables à ceux que l’on trouve en Inde. On croise aussi beaucoup de collectivos (minibus souvent de marque japonaise, avec une douzaine de places) qui s’arrêtent sur demande. Le chauffeur est toujours assisté d’une deuxième personne qui ouvre et ferme la porte et se charge de faire payer les passagers, et qui à chaque arrêt hurle à répétition sa destination !
  • Les affiches publicitaires dans la rue mettent souvent en scène une belle blonde en bikini, que ce soit pour vendre des pièces automobiles, des tronçonneuses, ou venter les mérites d’un restaurant.
  • Les affiches de campagnes électorales sont peintes sur différents supports : des pans entiers de maisons, des murs construits exprès au bord de la route, des rochers, … En Equateur les candidats étaient identifiés par un numéro, ce qui donnait des slogans du type « votez 34 ! » ; au Pérou les candidats sont identifiés par un symbole (fourche, soleil, …).
  • Au Pérou comme en Equateur la cigarette est interdite dans les lieux publics. On y a vu extrêmement peu de fumeurs.

Meilleurs & pires moments 

  • Meilleurs moments : la vue sur les sommets de la Cordillère Blanche le dernier jour de trek, et la descente en vélo de plus de 4000m de dénivelé après le col à Conococha. Aussi les ruines des Chimú et des Moche autour de Trujillo, et le musée de l’Inca à Cuzco, vraiment intéressants.
  • Pire moment : les 50km de ligne droite sur l’altiplano avant Juliaca. Les camions conduisent comme des fous et ne connaissent pas la pédale de frein. Ils préfèrent risquer de nous écraser plutôt que de ralentir quand il y a une voiture en face ! Pour Vincent, la chute en bas de la descente en vélo de plus de 4000m de dénivelé après le col à Conococha, mais heureusement plus de peur que de mal !

Contact avec les gens

En dehors de la route aucun soucis, on a trouvé les Péruviens accueillants et sympathiques, et les quelques fois où on a demandé à poser la tente chez des gens, on a toujours été bien reçus. Sur les marchés et dans les boutiques on a trouvé les vendeuses plus honnêtes qu’en Equateur, les prix étant souvent affichés, et la somme totale est calculée devant nous, alors qu’en Equateur on recevait souvent un prix global sans connaître le détail. Dans les lieux touristiques (autour de Cuzco par exemple) les petites vendeuses d’artisanat ne sont jamais trop insistantes, et nous n’avons jamais rencontré d’enfants nous demandant de l’argent. Les enfants ont d’ailleurs toujours été adorables, comme cette fois dans une côte juste avant Caraz où un groupe de gamins est venu spontanément courir derrière nos vélos pour nous pousser, ceux qui poussaient Vincent faisant la course avec ceux qui poussaient Angélique.

Souvent sur la route nous avons été salués par des « Hola Gringo » ou « Hola Gringa » (le terme gringo désignant les étrangers en général), alors que sur les marchés on appelait souvent Angélique « Mamita » (petite dame). Lors de pauses, les gens curieux nous posaient souvent les mêmes questions, en particulier où nous allions. On s’est alors rendu compte que les gens n’avaient aucune notion des distances ni de la vitesse à laquelle on avance à vélo : alors que nous étions encore à 4 jours de vélos du lac Titicaca, on nous annonçait que nous y serions en 4h ! Deuxième question récurrente : combien coûtent nos vélos ? Plutôt que de leur donner un prix en dollars ou en euros qui aurait représenté une somme astronomique pour eux, on leur répondait qu’ils valaient environ deux mois de salaires en France. Aux plus insistants on demandait à notre tour combien coûtait leur mototaxi ou leur moto. Enfin, sur la route les chauffeurs de bus ou de camions croisés nous encourageaient parfois à coups de klaxon ou en appels de phares.

On se rappellera surtout de Lucho à Trujillo qui est pour nous la personne qui nous a le plus marqué au Pérou, par son ouverture d’esprit, sa générosité et son engagement pour les cyclistes.

Sur la route

  • Pour le moment, pas de problème technique concernant nos vélos et aucune crevaison !
  • Cependant on aura remarqué dans le Caňon del Pato que l’équilibre est plus instable sur piste comparé à un vélo droit : il est très difficile de rattraper le vélo une fois déséquilibré par des graviers ou du sable etc. Ceci est probablement accentué par le fait que nous ayons des guidons bas articulés, alors que les vélos couchés avec un guidon haut sont sûrement plus stables.
  • Côté circulation, les Péruviens sont gentils mais deviennent souvent des monstres imbéciles dès qu’ils sont au volant ! En témoignent les nombreuses petites chapelles construites le long des routes, et le nombre impressionnant de chiens écrasés. Ils doublent en côte ou dans les virages sans visibilité, et préfèrent trop souvent nous doubler et risquer de nous écraser plutôt que de ralentir quand il y a une voiture en face ! Mais pour eux pas de problème puisqu’ils ont klaxonné ! Les véhicules d’en face ne se gênent pas non plus de doubler sur notre voie au moment où nous passons. Autre spécialité des minibus, la queue de poisson : on nous double pour ensuite piler et s’arrêter juste devant nous, nous bloquant la voie ! Angélique n’aura jamais autant râlé à propos de ces imbéciles inconscients du danger qu’ils nous font courir… Et on aura jamais autant apprécié d’avoir un petit rétroviseur sur nos guidons pour voir arriver ces monstres.

Nourriture

Les restaurants au Pérou nous ont semblés un peu plus variés qu’en Equateur : en plus du très classique menu soupe + riz & poulet (parfois bœuf) cuisiné à toutes les sauces, on trouve aussi de nombreux chifa (resto chinois) et des restaurants spécialisés pollos a la brasa (poulets rôtis) où l’on peut commander ¼ ou ½ poulet, servi avec des frites, du riz et de la salade. En bord de mer, on trouve des ceviche : ce sont des morceaux de poisson marinés dans une sauce à base de citron et d’oignons, et assaisonnés avec des piments bien forts. Vincent s’en rappelle encore !  Un plat / snack typique que l’on trouve sur les marchés est le choclo con queso : du maïs bouilli servi avec une tranche de fromage. Ça nous a paru un peu fade et peu appétissant… Bien sûr dans les lieux touristiques on trouve aussi quantités de restaurants proposant des plats pour touristes : pizzas, lasagnes etc…

Parmi les boissons locales, il y a la chicha morada : il s’agit de grains d’une variété de maïs violette bouillis, auquel on ajoute du jus d’ananas, du sucre et de l’eau. Le tout a la couleur du vin rouge. Une autre boisson incontournable du Pérou est l’Inca Kola, il s’agit d’un soda jaune fluo avec un goût de chewing-gum fait par Coca Cola pour flatter la fierté des Péruviens, on n’a vraiment pas accroché … Enfin, la boisson traditionnelle emblématique du pays, le pisco sour : faite à base de pisco, sorte de whiskey local, auquel on rajoute du jus de citron, du sucre et des blancs d’œuf battus en neige, elle est servie bien fraîche. L’eau quant à elle est rarement potable, on a toujours filtré ou purifié l’eau en dehors de Trujillo dans le Nord du pays.

Côté gourmandises au Pérou, nous avons eu de bonnes surprises : on y trouve enfin du bon pain, et des bonnes glaces! On a retrouvé des pâtisseries dignes de ce nom, et du pain qui croustille et qui n’est pas sucré ! Les glaces quant à elles proposent une grande variété de parfums (glace à l’ananas, aux cacahuètes, au panneton (la brioche italienne aux fruits confits) etc.), et on se régale pour un prix défiant toute concurrence : 1 ou 1,5 soles le cône avec deux boules (soit 0,33 € maximum !). Dans le rayon gourmandise cependant, nous devons vous avouer une petite (mais non moins importante) déception : il est quasi impossible de trouver des tablettes de chocolat à manger ! Les seules que l’on trouve sont des tablettes de chocolat « à boire » pour faire du chocolat chaud, mais c’est infâme à manger : bien trop de sucre, trop peu de cacao, et elles sont souvent aromatisées à la cannelle et au clou de girofle. On aura trouvé du vrai chocolat que la dernière semaine, dans une pharmacie !?!

Les marchés couverts quand à eux ne sont pas toujours aussi bien organisés qu’en Equateur, où ils étaient divisés par « rayons » (rayon des fruits, des viandes, des pommes de terre etc…), et ressemblent parfois à de véritables labyrinthes, tel le marché de Trujillo. En effet on y trouve parfois le stand de coiffure entre la marchande de légumes et la marchande de poulets ! On y voit pourtant toujours les mêmes morceaux de « viandes » immangeables pour nous : pattes de vaches et de poules, têtes de moutons, abats en tous genres… Et nous avons confirmation par une vendeuse que tout cela passe bien dans la soupe : – « Es muy rico ! » (c’est délicieux !). Elle n’en revient pas quand on lui dit que chez nous ces morceaux là servent à nourrir les animaux…

Une nouveauté sur les marchés cependant : les pommes de terre déshydratées ! C’était la manière traditionnelle de conserver les pommes de terre sur l’altiplano, puisqu’une fois déshydratées celles-ci se conservent 10 ans ! Pour retirer l’eau, on laisse les patates dehors par des températures négatives (à très haute altitude) pendant une semaine environ : les patates deviennent alors blanches et pèsent un poids plume. Avant de les consommer, il suffit de les laisser tremper dans l’eau afin qu’elles se réhydratent. On trouve aussi des patates semi-déshydratées, n’ayant passé qu’une nuit au gel ; celles-ci sont de couleur noire.

Côté fromage, il n’y a toujours pas de quoi s’extasier : on ne trouve qu’un seul type de fromage sur les marchés, plus ou moins vieux et non pasteurisé, et ils sont toujours aussi fades. Au supermarché par contre on trouve de l’Edam en tranches, c’est plus cher, mais bien meilleur dans les sandwichs !

Environnement & Développement durable

Tout comme en Equateur nous avons vu régulièrement sur les routes des panneaux tentant de sensibiliser le public au sujet de l’eau, des déchets, et de l’environnement en général. Un panneau en particulier semble pourtant loin d’être respecté : No botar basura por la ventana del vehiculo (Prière de ne pas jeter vos déchets par la fenêtre du véhicule) au vue de la quantité de bouteilles, sacs plastique et autres couches pour bébé alignés le long des routes. D’une manière générale, on a trouvé les villes et bords de routes plus sales qu’en Equateur, et a part sur les Plaza de Armas, il y a peu ou pas de poubelles dans les rues.

En ce qui concerne l’eau, nous avons vu de nombreuses affiches annonçant des travaux de raccord au réseau de distribution d’eau potable. A ce sujet les inégalités semblent énormes. Dans certains endroits, comme nous avons pu le voir dans le désert côtier immédiatement au Sud de l’Equateur, certaines familles doivent aller chercher l’eau avec l’aide d’ânes ou de mules. Sur l’altiplano, les villages étaient équipés de puits desquels il fallait pomper l’eau.

Pour plus d’infos sur la problématique de l’eau, voir l’article « L’eau : une ressource de plus en plus rare sur la côte péruvienne ».

EN PRATIQUE

Dates : du 2 octobre au 16 Novembre 2012. 18 jours de vélo. 6 jours de trek dans la Cordillère Blanche.

Hébergement : nuits en hôtels : 20, nuits en tente : 12, nuits en bus : 2, nuits à la casa de ciclistas : 8, nuits chez l’habitant : 2.

Budget : 16,7 $ (41,7 soles) par jour et par personne, comprenant nourriture, hébergement, trek, visites culturelles, parcs nationaux, trajets en bus, connexion internet, pièces de rechange pour le vélo (on s’est approvisionné chez Lucho à Trujillo) etc… Prix d’une chambre double en hôtel / hospedaje : de 10 à 40 soles (tout dépend si l’on a salle de bain privée ou non, avec ou sans l’eau chaude, le plus cher étant à Cuzco bien sûr).

Route : Macara à Sullana à vélo, puis Sullana – Trujillo en bus. Trujillo à Huaraz par le Caňon del Pato, puis descente vers Barranca par le col de Conocoha à vélo. Trajets Barranca – Lima et Lima – Cuzco en bus. Puis Cuzco – Puno – frontière bolivienne à Kasani à vélo. Au total nous aurons pédalé 1252km au Pérou pour 9460m de dénivelé positif.

Ravitaillement : facile la plupart du temps, on a trouvé quotidiennement (sauf dans le Caňon del Pato) des tiendas pour se ravitailler en pâtes, biscuits, œufs et produits de longue conservation. Chaque grande ville a son mercado pour se ravitailler en fruits / légumes, et parfois même on y trouve cordonnier, tanneur, coiffeur, stands de jus de fruits etc… Les restaurants sont fréquents aussi : pour 4 ou 5 soles on a un almuerzo (repas de midi) complet : souvent une soupe + un plat de résistance (riz, poulet, pommes de terre, parfois des pâtes) + un refresco (boisson sucrée aux fruits). On trouve du pain dans les panederias ou tiendas, pour notre grand plaisir bien meilleur qu’en Equateur. L’eau en bouteille est un peu plus chère qu’en Equateur : 3 à 4 soles pour une bouteille de 2,5 litres.

  •  Pour les cyclotouristes désirant plus d’infos sur les habitudes culinaires, le climat, les distances et dénivelé entre chaque ville etc.  au Pérou (et bien d’autres pays !), vous pouvez consulter le site très complet www.tour.tk
  • Le profil altitude / distance d’une partie de notre itinéraire est disponible sur le site www.panamerica.ch
  • Pour une carte routière détaillée du Pérou, c’est ici.
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Catégories : Pérou | Étiquettes : , , , , , | 3 Commentaires

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3 réflexions sur “Pérou, l’heure du bilan…

  1. j’ai eu à peu près les même reflexions lors d’un trek autour de la cordillère Huayhuash… le plus impressionant dans les bus c’est que là ou nos bus ont le signe: arrêt demandé, au pérou, le signe qui s’affiche est « velocidad excessiva »!! dès qu’ils dépassaient les 90km/h ça s’allumait! J’ai appris par la suite que dû aux nombreux accidents, les bus de tourisme étaient censés avoir des GPS embarqués qui transmettaient les nombreux déclenchements de « velocidad excessiva ». j’ai eu la même expérience des doublements en côte et 20m avant un virage, des nombreux dos d’âne, des klaxonnements quasi incessants (Ah bon c’est pas permis de klaxonner n’importe comment dans le code de la route péruvien??)
    bref sinon le Pisco c’est le pied!! je me souviens de battage d’oeuf en neige à plus de 4000m d’altitude!! trop bon!!
    continuez bien, faites attention à vous et vivement les prochaines news!!!

  2. Comme toujours, c’est très instructif et détaillé. Encore bravo!
    Juste un détail au bas de l’article, il manque le lien vers la carte routière détaillée du Pérou.

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