Equateur, l’heure du bilan…

Après un mois passé en Equateur, voici donc l’heure du bilan ! Cependant nos impressions ne sont le reflet que de ce nous avons pu voir le long de la Panaméricaine, et ne s’appliquent sûrement pas au reste du pays.

 Ce qui nous a marqués

  • Le fort contraste entre les grandes villes et les villages isolés. De nombreuses fois on se serait aisément crus aux Etats unis, surtout dans le Nord du pays et dans les grandes villes : routes larges et en excellent état avec une signalisation identique à celle des USA, beaucoup de pick-ups et de camions américains sur les routes, longues files de taxis jaunes en ville, nombreux supermarchés, le dollar comme monnaie nationale, les gens habillés à l’occidentale, les parcs nationaux qui imposent un nombre maximal de randonneurs par jour et par sentiers… mais aussi parfois en rase campagne on a eu cette impression là, avec des paysages et des petites villes aux allures de far –West.
  • A côté de ça, les marchés traditionnels avec les petites mamitas en costumes colorés nous ont enchantés ! On a traversé de nombreux villages, surtout entre Cuenca et Loja, habités par une grande majorité d’indigènes.
  • Le peu de zones sauvages à part les parcs nationaux : on a en effet traversé peu de régions boisées, les flancs de montagne sont souvent cultivés jusqu’au sommet (on se demande d’ailleurs comment ils font, vu la pente !), et les vaches occupent les prairies. D’une manière générale chaque parcelle de terrain est protégée par des barbelés, ce qui ne rend pas le camping sauvage aisé.
  • La variété des paysages traversés : d’une vallée à l’autre, la diversité des paysages est impressionnante : on se croit tantôt en Suisse (les vaches dans les pâturages et les forêts de pins), tantôt au Maroc (les montagnes arides et ocres), tantôt au far-west (plateau semi-désertiques), tantôt dans le Cantal (paysages verts de montagnes arrondies) et on a même parfois eu un avant goût de la forêt amazonienne ! Et en plus il y a les volcans !
  • Les coupures d’eau en pleine journée dans les villes. On s’est fait avoir plusieurs fois, mais ça ne semblait pas inquiéter les gens.

Meilleurs & pires moments

  • Meilleur moment : pour Vincent, se faire embarquer par les pompiers d’Ambato pour aller éteindre le feu ! Pour Angélique, le verre de jus d’orange frais offert par la douanière de El Empalme après avoir poussé le vélo des heures sous le soleil !
  • Pire moment : la nuit dans la tempête de sable avec les éboulements de pierre à côté.

Contact avec les gens

Les gens se sont montrés parfois curieux, parfois indifférents, mais toujours courtois. On a souvent reçus des signes d’encouragements sur la route, à grands coups de klaxons, on a toujours été bien reçus, que ce soit pour camper chez des gens ou bien chez les pompiers d’Ambato, on ne nous a jamais refusé de l’eau, une fois même alors que nous peinions dans une montée, une voiture s’est arrêtée à notre hauteur, et nous avons eu la bonne surprise de voir une main tendue avec deux oranges ! Une autre fois, alors que nous attendions le bus pour retourner à Cuenca après avoir visité le parc Cajas, on s’est fait prendre en stop par un jeune sans avoir demandé ! A Cuenca Vincent s’est fait offert une bouteille de limonade, et Angélique, qui poussait dur son vélo dans une côte à Ambato s’est vue offerte 10$ par une jeune femme ! Toujours dans les côtes, de temps en temps des gens sont venus prêter main forte à Angélique pour l’aider à pousser son vélo. Enfin les enfants, comme partout ailleurs, ont toujours été les premiers à venir nous voir et à nous poser des questions sur nos vélos étranges.

Notre seul regret sera de ne finalement pas être allé visiter une école. On pensait s’arrêter dans une petite école entre Loja et Macara, dans le Sud du pays, histoire d’avoir le temps de peaufiner notre Espagnol d’ici là, mais les conditions difficiles des derniers jours et le léger retard sur notre itinéraire nous ont incités à aller à la frontière directement. Il faut dire que les écoles fermant à 13h (les élèves ont cours de 7h30 à 12h30), on arrivait toujours trop tard pour aller voir les instituteurs et leur présenter notre projet. On espère bien cependant ne pas se faire avoir au Pérou !

Et nos vélos ?

  • Pour le moment, pas de problème technique et on est plutôt contents de nos vélos couchés. Ce que l’on regrette vraiment par contre, c’est le manque de béquille. Azub n’en fabrique pas de suffisamment costaude pour supporter un vélo chargé, et c’est bien dommage. Combien de fois, alors que nous avions appuyé nos vélos en équilibre contre un poteau ou autre, les avons-nous retrouvés par terre suite à un coup de vent… Du coup l’attache du rétro de Vincent s’est cassée et aussi l’attache de son compteur. On a bricolé avec du fil de fer et des tie-wraps.
  • L’autre inconvénient du vélo couché que nous déplorons est qu’il est beaucoup moins confortable à pousser dans les côtes. Mais dès qu’on peut pédaler, c’est tout confort, et on se régale vraiment dans les descentes !
  • Enfin, si d’une manière générale on évite tous les traumatismes dus à un vélo droit (mal aux fesses, au cou, au dos, fourmis dans les doigts etc…), le fait de pédaler les pieds en l’air fait que ceux-ci sont moins bien irrigués et on a parfois des fourmis dans les pieds. Alors on s’arrête, on marche un peu et on repart.

Nourriture

Les restaurants en Equateur ne nous ont pas vraiment impressionnés : ils proposent tous la même chose, et c’est toujours l’éternel riz & poulet cuisiné à toutes les sauces, même au petit déjeuner. Il faut d’ailleurs s’en méfier car ce sont donc les mêmes plats qui restent chauds et macèrent toute la journée, favorisant ainsi le développement des bactéries. Pas étonnant dans ce cas que Vincent ait été malade deux fois. Recommandation d’Angélique : demander un œuf sur le plat à la place de la viande!

En dehors du poulet, ils mangent aussi un peu de cochon, mais ce n’est vraiment pas appétissant : le cochon rôti entier est découpé en morceaux qui sont ensuite bouillis dans de la graisse! Berk ! On se demande aussi toujours comment ils cuisinent les pattes de vaches qu’on a vues sur les marchés…

Quand on le pouvait et qu’on avait besoin d’un plat bien consistant après une dure journée de vélo, on se prenait donc un churrasco : du riz, des frites, un steak, 2 œufs sur le plat et une salade tomate-concombre-avocat le tout dans une assiette bien remplie ! Le reste du temps on se faisait à manger nous-mêmes : du pain avec du chocolat (ou confiture ou miel) avec des fruits (bananes, oranges) au petit dej; du pain avec du chocolat (encore), du yaourt (acheté par bouteille d’1l !), des biscuits, des chips (pas de la peau de porc frite si possible !) et des fruits en cours de journée, avec parfois une salade tomates / avocat/ thon ou œuf ; et le soir des pâtes au ketchup, ou aux œufs. On s’est aussi de temps en temps fait plaisir dans des pizzerias, mais ce sont clairement des restaurants de luxe en Equateur : environ 10$ la pizza (soit 3 à 4 fois plus cher que le classique riz & poulet) et on est servis comme dans un resto 3 étoiles ! A Loja, on s’est aussi lâché en testant toutes sortes de jus de fruits exotiques et des bonnes coupes de glace, miam ! Les pamplemousses équatoriens détiennent le record du nombre de pépins par fruit : on en a compté jusqu’à 74 !

On a été très déçus par les rares fromages qu’on a pu voir : pâte molle et aucun goût, dommage étant donné qu’on a vu plein de vaches mangeant de la bonne herbe bien verte, il y a donc du lait de qualité, mais la culture du fromage ne semble pas s’être exportée jusqu’ici ! Le pain et les pâtisseries sont décevants, et la palme revient au « pain au chocolat » (sans beure et sans vrai chocolat) qui mérite sans hésiter la note de 0/20 !  

Environnement & Développement durable 

Le gouvernement tente visiblement de sensibiliser le public aux problématiques environnementales, nous avons en effet vu de nombreux panneaux sur les routes au sujet l’eau, des déchets, de la déforestation, de la faune et de la flore.

  • En ville on trouve souvent des poubelles publiques sur les places, et parfois même des poubelles de tri / recyclage. Le ramassage des ordures à l’air efficace et les villes sont plutôt propres. C’est moins vrai dans les plus petits villages ou les régions plus isolées du Sud du pays, où on a trouvé les rues et bords de route plus sales.
  • A la télé, des publicités incitent les gens à économiser l’eau et à ne pas jeter leur déchets n’importe où mais dans une poubelle.
  • Côté électricité, les ampoules basses consommation semblent être systématiquement utilisées, et nous avons vu des éoliennes près de Loja.
  • En ce qui concerne l’eau, de nombreux travaux sont entrepris dans les campagnes pour construire des réseaux de distribution d’eau potable ainsi que d’assainissement. Les grandes villes elles sont déjà équipées.

EN PRATIQUE

Dates : du 30 août au 1er octobre 2012. 23 jours de vélo.

Hébergement : nuits en hôtels : 19, nuits en tente : 10, nuit chez l’habitant : 1, nuit à la casa de ciclistas : 3

Budget : 12,7 $ par jour et par personne, comprenant nourriture, hébergement, excursions en bus, connexion internet etc… Prix d’une chambre double en hôtel / residencial : de 10 à 20$ (sauf à Quito où nous avons payé 30$).

Route : Panaméricaine depuis Quito jusqu’à la frontière péruvienne à Macara: 920km et 16470m de dénivelé positif, goudronnée et en bon état tout le long sauf sur une trentaine de km entre Velacruz et Las Playas. Au moment de notre passage ils étaient en train de refaire la route, on a donc eu le droit à de la piste bien pourrie.

Ravitaillement : facile le long de la Panaméricaine, on trouve quotidiennement des tiendas pour se ravitailler en pâtes, biscuits et produits de longue conservation en général. Les restaurants sont fréquents aussi : pour 2 à 3$ environ on a un menu complet mais pas très varié, toujours l’éternel soupe + riz & poulet. On trouve du pain dans les panederias ou tiendas. De plus chaque grande ville à son mercado, parfois sur plusieurs étages où l’on trouve de tout : viande, fruits, légumes, poissons, œufs, restaurants, jus de fruits frais (jugo naturales), etc… L’eau est potable dans toutes les grandes villes, et on trouve souvent des bidons d’eau de 4 ou 6 litres dans les tiendas.

  • Pour les cyclotouristes désirant plus d’infos sur les habitudes culinaires, le climat, les distances et dénivelé entre chaque ville etc.  en Equateur (et bien d’autres pays !), vous pouvez consulter le site très complet tour.tk
  • Le profil altitude / distance de la Panaméricaine du Nord au Sud de l’Equateur est disponible sur le site panamerica.ch
  • Carte routière de l’Equateur:
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Catégories : Equateur | Étiquettes : , , , , , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Equateur, l’heure du bilan…

  1. JoCo

    C’est une mine d’or, votre blog !
    Avec toutes ces infos, ce sera plus facile de préparer notre périple, MERCI !

  2. ILLAC

    Super votre voyage se passe très bien et les images et commentaires que vosu faites et nosu offrez donnent envie de vous rejoindre…BONNE continuation….

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