Cuenca – Loja : la Panaméricaine se fait sauvage et cruelle !

A Cuenca, nous avons profité de notre pause de deux jours pour aller faire un peu de randonnée dans le parc national Cajas. La route qui nous y amène en bus remonte une longue vallée glaciaire, et nous voilà propulsés à quasiment 4000m au pied de la Laguna Torreatora. Les rangers du parc nous conseillent alors une boucle de 5h de marche qui mène au sommet San Luis, mais cotée difficile. On comprendra vite pourquoi, il n’y a presque pas de sentier, on monte droit dans la pente, et le balisage de couleur verte est quasi invisible ! On ne croisera personne d’autre sur cet itinéraire. Mais une fois là-haut, nous sommes récompensés par la vue  à 360o sur les sommets et des dizaines de petits lacs ! Ils sont tous d’origine glaciaire, et comme le climat froid du parc ne favorise pas la végétation, on a un peu l’impression d’être en Ecosse !

Le lendemain, nous sommes de nouveau sur nos montures, direction le Sud ! La prochaine grande ville, Loja, est à un peu plus de 200km. Les 20 premiers kilomètres, on roule sur du presque plat, on n’y est tellement pas habitués que ça nous fait tout bizarre ! Mais ça ne va pas durer et les cols qui nous attendent vont se révéler terribles. Pour la première fois nous avons à faire à des pentes avoisinant les 9-10%, et c’est impédalable chargés. Alors on pousse sur des kilomètres… Vincent a mal aux genoux d’avoir trop forcé les jours précédents et craint un début de tendinite, alors il pousse même plus qu’Angélique. Heureusement les 2 derniers jours de vélos sont moins intenses, et on passe nos derniers cols à plus de 3000m : on amorce doucement notre descente vers le Pérou et l’océan Pacifique !

La route quant à elle devient une petite route de montagne et se fait sauvage. D’une vallée à l’autre, on passe de la Suisse au Maroc, et on a même parfois un avant goût de forêt amazonienne, tellement les paysages sont variés ! On a aussi vu de nombreux panneaux qui n’ont pas d’équivalents chez nous : Attention, faille géologique à 100m ! On arrive alors sur une zone où la route s’est soit fissurée, soit effondrée ! Les Andes semblent bien plus actives que les Alpes !

On croise aussi à deux jours d’intervalles deux cyclotouristes qui voyagent en solo : un Anglais et un Espagnol. Steve nous impressionne : il pédale depuis déjà 3 ans et remonte vers l’Alaska. L’état de son vélo et de ses sacoches en dit long et contraste fortement avec les nôtres puisque nous pédalons depuis à peine 3 semaines !

Nous sommes maintenant à Loja, où nous faisons une dernière pause avant d’entamer les 4 jours de vélo qui nous conduiront à la frontière péruvienne située à 190km.

Nourriture

Coté nourriture, nous continuons de découvrir les spécialités du pays. Pour un pique-nique Vincent pensait s’être acheté des chips à base de maïs soufflé, mais à l’ouverture l’odeur nous incite à regarder l’étiquette de plus près. Surprise : il s’agissait en fait de chips de peau de porc frite ! Au moins c’est riche en protéine…

On a aussi testé des fruits inconnus chez nous : les tomates de arbol (tomates d’arbres) n’ont en fait rien à voir avec des tomates, mais sont des fruits oranges à l’intérieur, plutôt acides et riches en pépins. On n’a pas craqué. On a aussi testé des fruits inconnus en jus : guanabana (agrume proche du pamplemousse), naranjilla etc… En jus ça passe bien, et c’est riche en vitamines !

Climat

Coté météo, on sent qu’on arrive à la fin de la saison sèche : le vent s’est enfin calmé, mais surtout le temps est de plus en plus pluvieux. Rien de méchant pour le moment à part quelques averses, mais on garde les gore-tex à portée de main !

Habitudes vestimentaires

On s’est dit qu’on allait écrire quelques mots sur les habitudes vestimentaires que l’on a vues en Equateur. Alors qu’en France plus personne ne s’habille en vêtement traditionnel,  ici ce n’est pas encore le cas, même si bien sûr le modèle occidental se répand de plus en plus, surtout en ville et auprès des jeunes, ce que l’on trouve regrettable. Il faut dire que la télé et les vitrines des magasins en ville n’encouragent pas les jeunes à poursuivre leur coutume vestimentaire.

Nous avons vu, surtout sur les marchés ou dans les petites villes, beaucoup de femmes en vêtements traditionnels : coiffées de deux tresses et d’un chapeau, elles portent une jupe qui descend au niveau des genoux faite de plusieurs couches de tissus épais, et un châle coloré sur les épaules. Les hommes sont en général plus classiques, sauf dans la région de Loja où nous nous trouvons, où nous avons vu des hommes portant des pantalons en toile court, comme un bermuda, avec les cheveux longs et parfois une tresse. Le dimanche en particulier semble être un jour où les gens se mettent sur leur 31.

EN PRATIQUE

Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de chacune de nos étapes :

Etape 14 : Cuenca (2675m) – 7km avant le col Tinajilla (3200m), 36km, +655m, -50m. Bivouac en bordure de forêt en contrebas de la route.

Etape 15 : 7km avant le col Tinajilla (3200m) – Col Tinajilla (3460m) – Oňa (2350m), 70km, +1060m, -1855m. Nuit à l’unique hôtel de la ville (20$) : bien trop cher pour ce que c’est (trous dans les murs et on s’est fait bouffer par les moustiques !).

Etape 16 : Oňa (2350m) – Saraguro (2590m), 37km, +1100m, -865m. Nuit au Residencial (12$).

Etape 17 : Saraguro (2590m) – col 5km avant Santiago (2660m), 31km, +790m, -725m. Bivouac en bordure de route.

Etape 18 : Col 5km avant Santiago (2660m) – Loja (2180m), 42km, +545m, -985m. Nuit à l’hôtel (16$).

Total depuis Quito : 18 jours de vélo, 726km et 12750m de dénivelé positif. 

  • Pour les cyclotouristes désirant plus d’infos sur les habitudes culinaires, le climat, les distances et dénivelé entre chaque ville etc.  en Equateur (et bien d’autres pays !), vous pouvez consulter le site très complet tour.tk
  • Le profil altitude / distance de la Panaméricaine du Nord au Sud de l’Equateur est disponible sur le site panamerica.ch
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Catégories : Equateur | Étiquettes : , , , , | 2 Commentaires

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2 réflexions sur “Cuenca – Loja : la Panaméricaine se fait sauvage et cruelle !

  1. JoCo

    Précieuses indications que voila, nous les gardons précieusement.
    D’autant que votre voyage se déroule sans encombres et est très intéressant.
    Bonne route (ou piste) !

  2. Illac Michel

    Angélique, Vincent,

    Je vois que votre parcours évolue avec de belles journées forts sympathiques et des images qui sont superbes et nous font rêver. Ici de grosses pluies aujourd’hui qui n’ont pas empêché de faire participer les enfants des écoles à la course des Virades de l’espoir pour vaincre la muco….

    Bonne continuation.

    Michel ILLAC

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