Quito – Alausi : premiers tours de pédales en Equateur !

Vous les attendiez, les voilà enfin : nos premières nouvelles d’Equateur ! Nous y sommes depuis presque deux semaines et nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer. Il faut dire que nos journées de cyclo-voyageurs sont bien remplies !

 Quito

Nous sommes arrivés à Quito après 24h de voyage, fatigués, mais tout excités de débuter notre grand voyage, après des mois de préparatifs. Malheureusement nos vélos ont loupés la connexion à Atlanta et nous ne les aurons que 3 jours plus tard : les cartons ont été ouverts par la douane américaine et ont été refermés à la va vite : résultat ils sont arrivés presque ouverts à Quito ! Mais heureusement tout est là et à part quelques éraflures, tout marche (ou roule !).

 En attendant de recevoir nos vélos, nous avons donc fait une visite rapide de la capitale équatorienne : 1ère étape, s’engouffrer dans le téléphérique et monter à 4000m sur les flancs du volcan Pichincha, pour admirer la ville s’étirant dans la vallée à 2800m, dominée au Sud par le volcan Cotopaxi (5997m) couvert de glace. Profitant du beau temps, nous avons poursuivi à pied jusqu’à presque 4400m avant de redescendre en ville pour un bon churasco ! Le churasco  c’est ce qui se fait de mieux en terme de plat copieux en Equateur : du riz, des frites, un steak, 2 œufs sur le plat et une salade tomate-concombre-avocat le tout dans une assiette bien remplie ! On enchaine ensuite par une visite rapide du centre historique, puis il est temps de prendre un taxi pour Tumbaco (à 15 km de Quito) où on nous attend à la casa de ciclistas. Voilà pour une première journée bien remplie ! Surprise : à Quito nous avons vu l’équivalent des vélibs parisiens et même des pistes cyclables !

 La casa de ciclistas de Tumbaco

Santiago et sa femme Ana Lucia sont des passionnés de vélos et en plus ils ont le cœur sur la main : ils accueillent chez eux tous les cyclotouristes de passage et sont heureux de leur procurer multiples conseils ! Un couple d’Allemands qui voyage à vélo depuis plus de deux ans s’y trouve déjà lorsque nous arrivons. Nous plantons notre tente dans le jardin et profitons du calme de Tumbaco pour préparer notre départ. Santiago pratique le VTT et à gagné plusieurs coupes qu’il est fier de nous montrer. Avec sa femme ils revenaient tout juste d’une escapade de 5 jours à vélo dans l’Oriente, la région amazonienne. Leur rêve, une fois que leurs filles auront terminé leurs études : partir à leur tour pour un long voyage à vélo, jusqu’en Argentine ! Avant de les quitter, nous laissons un petit mot sur leur livre d’or : des pages entières remplies par des cyclotouristes du monde entier… Nous avons alors l’impression de faire enfin notre entrée dans cette grande famille.

 C’est parti ! Tumbaco – Alausi

Nous voilà en ce moment à Alausi, après 320 km et 4800m de dénivelé ! On savait que l’Equateur ne serait pas plat, et nous n’avons pas été déçus : en 8 jours de vélo, nous avons déjà gravi l’équivalent du Mont Blanc !

Les premiers jours ont été assez durs : trafic intense, bruit et pollution des gaz d’échappement, l’altitude et nos premiers cols à 3550 et 3600m, et surtout, c’est la première fois que nous pédalons aussi chargés ! Nous avons décidé de suivre la Panaméricaine jusqu’au Pérou, il s’agit de l’axe Nord – Sud principal du pays, qui passe au niveau de  « l’allée des volcans » : une sorte de vallée au milieu des Andes, on évite ainsi la chaleur de la côte à l’Ouest ou de l’Amazonie à l’Est. Par contre, les 220 premiers km jusqu’à Riobamba ont été assez épuisants : beaucoup de grandes villes, beaucoup de trafic, nous roulons sur la bande d’arrêt d’urgence de routes à 4 ou 6 voies et nous passons même quelques péages à vélo, mais malgré cela la plupart du temps nous nous sentons assez en sécurité. Nous recevons souvent des coups de klaxon ou des signes d’encouragement, et nombreux sont les gens qui viennent nous poser des questions au sujet de nos vélos couchés, car la plupart n’en n’ont jamais vus. Certains pensent même qu’ils ont un petit moteur ! On aimerait bien car les premiers jours on a constamment le vent de face…

Mais non, le seul moteur, ce sont nos jambes, et après 3 jours de vélo et un premier col à 3550m une pause s’impose ! Nous prenons donc une journée de repos (façon de parler) à Latacunga : lever aux aurores pour aller au marché de Saquisili, réputé être un des plus traditionnels du pays. On y trouve de tout : chaussures, vêtements, fruits, légumes, poissons, paniers, outillage, et poulets de tous âges – les poussins se vendent par cageots ! Il faut dire que les Equatoriens sont de grands mangeurs de poulet, à 8h du matin ils s’enfilent déjà du riz et du poulet grillé en guise de p’tit dej ! Coté curiosité culinaire, on trouve aussi des cochons rôtis entier, ça ne nous donne pas trop envie ! Par contre les chips de banane (salées), ça c’est pas mal ! Nous profitons aussi du marché pour nous faire faire des petits drapeaux français sur mesure, à attacher sur nos vélos !

Dans la foulée, on enchaine par 2h30 de bus jusqu’à la « Laguna Quilotoa », il s’agit d’un lac de cratère de 12km de circonférence, perché à 3920m. Magnifique ! Rien que la route pour y aller vaut le détour, on voit enfin la campagne équatorienne et de petits villages traditionnels. On est de plus très impressionnés par les cultures : chaque flanc de montagne est cultivé jusqu’au sommet, dans des pentes inaccessibles à tout engin, quel travail ! On se dit qu’il ne doit pas pleuvoir très souvent sinon les champs seraient ravinés par l’eau ? Nous sommes en ce moment en fin de saison sèche et l’herbe est en effet grillée…

Le lendemain on remonte sur nos vélos jusqu’à Ambato, et sur les conseils de Santiago, nous allons demander aux pompiers si nous pouvons passer la nuit chez eux ! On arrive avec un grand sourire, et après un coup de fil au supérieur, nous avons l’accord du chef des pompiers pour mettre la tente derrière chez eux ! Les 8 pompiers se succèdent alors pour essayer nos vélos, dans une bonne humeur contagieuse ! A 19h30, la sirène sonne pour un incendie, et Vincent se retrouve embarqué dans le camion pour aller éteindre le feu !

Le nuit suivante sera plus calme : lorsqu’au terme d’une longue journée nous arrivons au village de Mocha, nous demandons où nous pourrions planter la tente et on nous indique le couvent ! Nous passerons donc la nuit chez le curé du village !

Un deuxième col à 3600m nous conduit ensuite jusqu’à Riobamba, en passant au pied du Chimborazo : ce volcan de 6310m est le point culminant du pays et son sommet est le point le plus éloigné du centre de la Terre, si bien que l’on a longtemps cru qu’il s’agissait du plus haut sommet du monde ! La plupart des volcans d’Equateur sont actifs, et l’on voit régulièrement le long des routes des panneaux indiquant la direction à suivre en cas d’éruption ! A Riobamba, nous logeons dans un residencial, sorte de petit hôtel basique et pas trop cher, où nous sommes accueillis comme des rois par un autre passionné de vélo : le frère de la tenancière a eu jusqu’à 11 vélos d’un coup et quand il était jeune, pédalait les 220km de Quito à Riobamba en une journée ! Nous avons mis 6 jours ! Chapeau bas…

Et puis enfin, après Riobamba, la route devient une 2 voies normale, avec moins de trafic, les villes sont de plus en plus espacées, et on a enfin l’impression de voir du pays ! Et coup de chance, on a cette fois le vent dans le dos ! On traverse des paysages de Far West secs et sauvages, et après un col à 3420m on termine par une descente impressionnante jusqu’à Alausi, avec une pente à 9% sur les 7 derniers km, où on double les camions à l’aise : alors qu’eux sont crispés sur leurs freins, Vincent atteint les 90km/hr ! Angélique, moins téméraire se contentera d’un petit 70 !

Les prochains jours s’annoncent durs en dénivelé, aussi nous profitions de cette petite ville en fond de vallée pour faire lessive, ravitaillement, nettoyage des vélos, et pour vous donner des nouvelles !

Nourriture

Comme dit plus haut, les Equatoriens  sont friands de plats à base de poulets et de riz. Ils mangent aussi beaucoup de soupes avec des morceaux de viande plus ou moins identifiables dedans. Heureusement pour les végétariens, on y trouve aussi multitude de fruits et légumes.  Vincent qui adore les bananes n’est pas en manque ! On trouve aussi fréquemment des Panaderia, boulangeries avec du pain plus ou moins bon, mais on a repéré des petits gâteaux ronds style quatre-quarts qui nous calent bien avant d’entamer une journée de pédalage. On a aussi testé la soupe de Quinoa, cette céréale caractéristique des Andes, et c’est bon ! Jusqu’à maintenant on a évité les problèmes intestinaux, sauf Vincent qui a été légèrement dérangé une fois après avoir mangé du riz et du mouton ? Angélique elle avait préféré un œuf sur le plat.

Côté eau, autre bonne surprise de l’Equateur, elle est potable dans presque toutes les villes !

Climat

La saison sèche s’étend de juin à septembre, et jusqu’à maintenant, à part une légère pluie lors de la montée au 2ème col, on a eu plutôt beau temps même si le ciel est parfois couvert. Par contre pendant la saison sèche il y a aussi beaucoup de vent ! Et les premiers jours nous l’avions de face. Vincent prenant soin de sa belle se mettait alors devant à un petit rythme tandis qu’Angélique suivait dans sa roue pour être protégée ! Après Riobamba par contre, nous l’avons eu soit de dos, soit de côté. On apprécie le vent de dos quand ça monte, mais moins le vent de côté qui vient en rafales et nous déséquilibre alors que nous pédalons au ralenti (on fait parfois à peine du 5km/hr dans les côtes).

Compte tenu de l’altitude – nous pédalons entre 2400m et 3600m, les journées sont chaudes lorsqu’elles sont ensoleillées, mais deviennent fraîches dès que le soleil se cache ! Les nuits quant à elles sont fraîches avec des températures inférieures à 10 degrés au dessus de 3000m.

Développement durable

L’Equateur semble se développer à vitesse grand V sous l’impulsion du gouvernement actuel qui tient à moderniser le pays. Partout nous assistons à de grands travaux : réhabilitation de la voie ferrée, élargissement et construction des routes, construction d’hôpitaux, amélioration du système d’eau potable, investissement dans l’éducation etc… Nombreuses sont les affiches le long des routes ventant les investissements du gouvernement pour la Révolution Citoyenne.

A coté de çà, on voit aussi de nombreuses affiches le long des routes tentant de sensibiliser les gens à l’environnement, en les incitant à ne pas jeter de déchets dans les rivières, en les invitant à ne pas couper les arbres dans les régions sèches etc… Dans l’ensemble on a trouvé les villes plutôt propres, avec un ramassage d’ordures efficace, mais il reste quand même des efforts à faire : les gens dans le bus n’hésitent pas à jeter leur déchets par la fenêtre par exemple !

EN PRATIQUE

Pour ceux que cela intéresse, voici le résumé de chacune de nos étapes :

Etape 1 : Tumbaco (2420m) – Tambillo (2900m), 44 km, +900m, -410m. Nuit au Motel pour 10$.

Etape 2 : Tambillo (2900m) – Bivouac  Paso Alto (3585m), 29km, +790m, -50m. Bivouac au dessus du col à l’entrée du parc Cotopaxi.

Etape 3 : Bivouac Paso Alto (3585m) – Latacunga (2830m), 40km, +45m, -735m. Nuit à l’Hôtel Central (14$).

Etape 4 : Latacunga (2830m) – Ambato (2750m), 36km, +250m, -340m. Nuit chez les Pompiers.

Etape 5 : Ambato (2750m) – Mocha (3275m), 35km, +910m, -325m. Nuit chez le curé du village.

Etape 6 : Mocha (3275m) –  Col à 3600m – Riobamba (2850m), 38km, +485m, -910m. Nuit au Residencial (15$).

Etape 7 : Riobamba (2850m) – Guamote (3150m), 51km, +750m, -450m. Nuit à l’hôtel (15$).

Etape 8 : Guamote (3150m) – Col à 3420m – Alausi (2465m), 47km, +660m, -1330m. Nuit au Residencial (12$).

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2 réflexions sur “Quito – Alausi : premiers tours de pédales en Equateur !

  1. Catalin

    Finally started. I’ll follow the great adventure trough your articles. Good luck.

  2. Mikaël

    Effectivement, vous perdez pas de temps à ce que je vois!
    A ce train là, vous serez arrivez à Torres Del Paine dans 1 mois!

    Bravo en tout cas, et bon courage à vous pour la route qui vous attend.
    A bientôt!

    PS: Je fais suivre vos nouvelles, y’en a un à Sauzé qui sera très contant de voir quelques photos!

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